samedi 19 août 2017

BOMBARDER BIARRITZ

Je me suis promené dans Biarritz aujourd’hui. Et j’ai retrouvé, face au Musée de la Mer, la plaque qui commémore le bombardement de mars 1944. Il va de soi que ça m’a fait penser.

Pas à cause des 117 morts. Non. A cause de la manière.

L’objectif était de rendre l’aéroport inutilisable. Pour ce faire, il y avait deux manières, l’américaine et l’intelligente. Comme toujours.

L’intelligente eut consisté à envoyer quelques avions dont certains auraient bombardé l’objectif avec des frappes qu’on qualifie aujourd’hui de chirurgicales. C’était possible, la RAF avait avions et pilotes pour ça. Les Allemands faisaient ainsi avec leurs Stukas. Sans parler des Japonais

Les Américains ont choisi la manière américaine…. Une escadrille de B 24 qui ont lâché un tapis de bombes dès la côte en vue au Port Vieux. Pas très efficace de surcroît. Les bombes tombées près du Rocher de la Vierge n’ont pas fait de mal à l’aéroport. Couper la jambe pour guérir le genou.

Je ne rigole pas. On peut toujours prendre un problème de deux manières, même si je pense qu’une seule est intéressante.

Quand on se trouve face à un corpus, la meilleure manière de faire est de chercher les signes pertinents, ceux qui vont conduire à la solution. Ils sont le plus souvent rares, cachés. Ils demandent savoir, intelligence. Pour un médecin, c’est distinguer dans une cohorte de plusieurs milliers, les deux ou trois cas sur lesquels se concentrer. Mais c’est aussi le cas pour un assureur : trouver dans quelques milliers de sinistres, ceux qui parlent.

Bien entendu, les gens capables de ça sont rares. Comme le pilote capable de détruire un pont au milieu des obus de DCA. Comme le généticien qui va s’attaquer à une allèle signifiante. Et donc, comme ils sont rares, on les remplace par des troupes de brèles, statisticiens ou actuaires,  chargés de baliser le terrain. Un bel exemple fut le séquençage de l’ADN au tournant des années 2000. Le gouvernement américain avait mis sur le sujet des dizaines d’équipes avec quelques millions de dollars et un objectif à 5 ans. Un an plus tard, un homme, Axel Kahn, avec son équipe du Généthon, avait terminé. La science américaine était ridiculisée. L’histoire est connue de tous et pourtant, personne n’y pense.

Comme les gens intelligents sont rares, au lieu de les chercher, on cherche à les remplacer. C’est le bombardement de Biarritz que je pense très caractéristique d’une vision épistémologique qui consiste à analyser beaucoup pour penser peu. C’est la pensée Google : si tu as 3 millions de followers, tu as raison. Si tu vends beaucoup, ton produit est bon…

Celui qui est mal, c’est Galilée…

On en reparlera…



mercredi 16 août 2017

TOURISTES, NATURE ET CULTURE

Bayonne, Porte d’Espgne. Ils sont six, c’est une petite rondouillarde qui parle :

« Ouah, c’est juste trop beau… On va faire une vidéo, on part de là, on suit là… »

Je peux pas m’empêcher :

« Vous laisserez une pièce pour le décorateur ? »

Etonnement, stupéfaction. Le décorateur ? Quel décorateur ? Ben le mec ou les mecs qui entretiennent le décor, qui le nettoient, qui mettent des fleurs dans les vasques. En général, on dit le contribuable. Les gamins, ils me comprennent pas bien. Je suis obligé de faire le vieux con pédagogue. De leur dire que depuis que ça a été construit, il a bien fallu entretenir, reconstruire des fois, réparer, repeindre les volets, entretenir les plantations, bref, dépenser des sous pour le décor de leur vidéo dont ils seront si fiers sur Fesse de Bouc. Ben oui, mais ça vous rapporte. A moi ? Non, ça me coûte. Comme à mon père, à mon grand père, à tous mes aïeux (17 générations dans la même ville, ça fait des sous en euro constants). Les mômes, ils sont dans un camping sur la côte landaise, ils fastfoudent non loin de la guitoune, ils trouvent que le Pays basque c’est pas cher. Ben, quand tu payes pas, c’est jamais cher. Bon, on est chez les rats..On connaît.

Par contre (non, en revanche, juste pour Cécile), ce qui me troue le cul, c’est qu’ils puissent imaginer qu’une ville historique ne coûtait rien. Bn oui, c’est construit, c’est construit…Comme une forêt. Ben non, dans une forêt, y’a des gens qui travaillent, qui coupent des arbres, qui en replantent, qui nettoient. Une forêt aussi ça coûte. Et même un champ. Des que des hommes travaillent, ça coûte. Pour que tu puisses faire ta belle photo qui te vaudra l’admiration des amateurs de cartes postales, de l’argent est dépensé et c’est même pas par toi. Tu prends. Qu’est ce que donnes en échange ? Et surtout en équivalence ? Nous, on te donne de l’histoire, de la beauté, du savoir. Toi, tu crois que le fric suffit. Je repense à ce brave Café qui avait viré un mec de son bistro en lui disant : « Tu m’as acheté un verre, tu l’as eu. Tu n’as pas acheté mon amitié, mon attention, mon goût pour Pradera. Alors, ton verre, je te l’offre et tu dégages ».

A force de faire du fric l’étalon des relations humaines, on en est là. Tout ce qui fait la réalité d’un paysage, les générations qui se sont suivies, les gens qui ont cherché à mieux faire, tout ça est gommé. Le voyageur est devenu touriste, c’est à dire consommateur d’émotions, pas de savoir. Avec un consumérisme arrogant, où on rogne sur tout, sauf sur les stéréotypes. On explique à l’indigène ce qu’il doit penser et savoir de son pays, mais on refuse de payer ce qu’offre ce pays.

Trente ans que je suis dans le tourisme. Mon premier Guide Bleu, je l’ai écrit en 1981. Aujourd’hui, on fait confiance au Petit Futé. Et parfois, à pire. Le niveau moyen de l’information touristique, c’est un catalogue de tour operator. Pas qu’ils soient tous mauvais. Mais aucun n’est bon, aucun ne met en avant ces deux mamelles de l’écriture touristique : la géographie et l’histoire. Là, ça commence à coincer. L’indigène se rebiffe. Quand l’allochtone permettait à son village de vivre, de préserver des maisons, de maintenir des emplois, l’indigène acceptait  les nuisances. C’est fini. Le touriste fréquente les épiceries qu’il connaît, les magasins qu’il a chez lui. La vague des nuisances engloutit la plage des bénéfices.

Pire encore, on transforme les lieux touristiques en berceaux de domestiques. On ne forme plus pour créer ou pour inventer, on forme pour servir. Servir est une activité noble quand le servi ennoblit son serviteur. Mais quel ennoblissement attendre de la plupart des servis ? Ils ne trouveront jamais Vatel chez McDonald


On en reparlera….

jeudi 10 août 2017

LE TERRIER DES RATS

Internet est un trou à rats… Tous les rats, les radins, les matois, les sans-classe s’y retrouvent, s’y pressent, s’y reproduisent.

Neuf messages sur dix sont là pour expliquer que le scripteur est plus malin car il a trouvé…moins cher !! Personne, jamais, n’analyse l’offre, le produit, le service. Le rat ne parle que de fric. De fric économisé et aucun n’imagine renoncer à sa dépense qui lui ferait gagner bien plus encore. Les rats se ruent vers Hubert, Couillaque, Bouquingue ou Rbiyandbi. Ils hurlent pour les 5 euro d’APL sucrés par Macron sans dire que  s’’ils favorisent ceux qui s’échappent fiscalement, y‘a plus de fric pour payer le social. En plus, ils donnent des leçons : la France croule sous les charges qui pénalisent les créateurs.. Mais les créateurs bénéficient de la sécurité sociale et peuvent soigner leurs insignifiantes maladies ou les bobos psychologiques de leurs gosses (bobos dont ils sont généralement responsables). Mais voilà : un bon créateur ne veut pas payer les charges qui l’aident à se soigner.

On en a déjà parlé. Je ne donne pas les liens hypertextes…. Cherchez et vous trouverez, feignasses !

Internet, c’est les 4 par 3 des centres commerciaux, ces trucs qui ne parlent que d’une chose : le prix. Le prix, le degré zéro de la communication commerciale. Degré zéro utilisé par les cancres de la commercialisation. Quand j’étais libraire et que je formais des jeunes gens, je leur expliquais doctement (non, j’étais virulent, mais c’est moins joli dans la phrase) que les Pléiades étaient les livres les moins chers. Naturellement, les jeunes cons réagissaient. Il me fallait donc leur expliquer que ce qu’on doit dépenser pour la Comédie Humaine en poche est bien supérieur au prix en Pléiade qui offre de surcroit un texte vérifié, un appareil critique, une reliure qui passe le temps et une typographie impeccable. Après, j’étais moins gentil.

Un Pléiade, c’est le prix le moins cher à la page de l’édition française. Tous ces jeunes cons vérifiaient le prix au kilo de leurs saucisses, mais n’avaient pas l’idée de faire la même chose pour Balzac ou Zola. Ajoutons qu’on n’achète pas Zola pour le lire une fois, dans un train de banlieue et que, reporté à plusieurs lectures, le prix à la page devenait epsilonique dans la mesure où la durée de vie d’un poche ne dépasse pas ce que vivent les roses.

Je sais gré à la jeune fille qui me dit un jour : « Oui, mais ça fait vieillot ». Ben voilà, ça devait être dit. On parle de prix mais le prix n’est pas l’essentiel.

J’y ai repensé récemment, dans un bouge loué par Bouquinge. Il me fallait un hôtel près du lieu d’une soirée entre copains. Plus près, selon Bouquinge, pas possible. Moi, je pensais que je sortirai calciné comme un cierge lourdais, j’ai pris. Sauf que ma piaule était au quatrième sans ascenseur. Un escalier qu’avec trois grammes, tu peux même pas le regarder. Bon, j’ai assuré. En fait, le client du site, c’était pas moi.. c’était l’hotelier vu que c’était lui qui payait la commission.

Après quoi, on m’a demandé mon avis. J’ai répondu n’importe quoi. J’ai donné mon avis sur des centaines d’hôtels mais j’étais payé pour ça. J’avais un boss et une équipe pour me contrôler, contrôler mes avis et mes infos. Alors, Bouquinge qui me demande mon avis gratos, ça me fait rire. En plus, ils veulent mes photos. Gratos. Ils se touchent ou quoi ? Je vais leur donner des dizaines d’heures de vérifications d’hôtels pour rien ? Après tout, j’ai été baisé, que d’autres le soient aussi, ça me plait. On est dans une tribu, non ?

Sur moi, Bouquinge m’a rien demandé. Je suis un acheteur comme les autres. La com’, connard de Bouquinge, ça commence par définir le lieu de parole de celui qui parle. Tu t’en fous. Et bien, moi, je me fous de toi. Au bout du bout, tu finiras par tout niveler. Pas grave, statistiquement, tu trouveras une justification.

Nous sommes tous égaux dans la critique disent les sites Internet. Pour Tripadvisor que tu ais fait une école hôtelière, ne te donne aucun avantage. Aucune compétence. Youpi ! Nous sommes tous pareils. Egalité parfaite. Ressenti parfait. Millau vient de mourir. Reste plus que Gloaguen, mais lui, il s’accroche. J’aime bien, il est lié à ma jeunesse. Mais il ne sait plus que je l’aime bien.

Au fait…Et s’il était le père des rats ?

On en reparlera….



mercredi 9 août 2017

LE TOURISME ET LES FLUX

A nouveau le même débat : le tourisme est-il ou non une richesse pour une ville ? L’argument est toujours le même : un touriste dépense en moyenne 100 euro/jour. On me donne en exemple une ville qui reçoit 30 000 touristes/jour en me disant que ça fait  3 milllions d’euro par jour. Bien entendu, c’est totalement faux. Ce sont juste des chiffres pipeautés élaborés par des économistes au rabais, le plus souvent avec une visée politique.

Ce qu’un touriste dépense par jour englobe tout, mais ça n’a aucun intérêt.. Ce qui compte ce sont les marges. Ce sont les marges qui restent dans la ville. Exemple simple : un plein d’essence peut coûter 100 euro. La station locale va gagner 10 euro, le reste repartira chez Total ou Esso.

Personne ne peut discriminer LE LIEU de la dépense. Si le touriste visite Biarritz en vivant dans un camping à Bidart, nous ne disposons d’aucune statistique fiable mais il est clair qu’il n’aura pas dépensé son budget dans la ville qu’il visite. Il est tout aussi clair qu’il utilisera les infrastructures (les investissements) prévues pour ceux qui y dorment (parkings par exemple). Le touriste est volontiers parasite.

Ajoutons que l’important, dans ce qui reste, c’est la destination finale de l’argent. Les dépenses sont des flux. L’hôtelier qui reçoit 100 euro va en dépenser une partie dans sa ville. L’autre partie (la commission de Booking, par exemple) file ailleurs. Comme filent ailleurs les redevances des franchisés, les bénéfices des supermarchés ou l’achat de l’essence.  Et donc, même la marge est un paramètre flou puisqu’une partie de la marge sort des rentrées locales. En clair, la ville concernée est loin de bénéficier des dépenses engagées par le visiteur.

Du moins, pensera l’économiste simplificateur, cela crée des emplois…Oui. Le plus souvent occupés par des banlieusards, fiscalisés ailleurs. Car chaque ville a sa banlieue où vivent ceux qui n’ont pas les moyens de vivre dan le centre d’un phare touristique. Ce sont aussi ceux qui vont engraisser les bénéfices des supermarchés et des stations service.

Je ne connais aucun exemple d’une telle analyse…Personne ne l’a faite car elle n’aurait pas de portée générale alors que statisticiens et économistes ne rêvent que de modèles applicables à Bayonne comme à Uzès. Mais c’est pas comme ça que ça marche.. Par contre, si on commence une telle analyse sur un territoire précis, on ne tarde pas à s’apercevoir que le tourisme ne rapporte pas tant que ça. Sauf à l’Etat dont la redistribution pourrait être revue.

Travailler sur des moyennes est de la dernière stupidité. J’ai le souvenir de la phrase du grand maire d’une grande ville touristique qui m’avait dit : « Faire une place de parking me coûte le même prix que l’on y gare une Clio ou une Mercédès. Mes électeurs préfèrent y voir des Mercédès ». C’est rudement dit, mais ça recouvre une réalité qu’on peut contester politiquement, pas économiquement. Accepter des franchises bas de gamme dans un centre ville n’y fera pas venir les clients dépensiers. Au contraire, ça revient à installer des répulsifs.

On a ce problème en ce moment à Bayonne avec les Fêtes. Nous dépensons près de 3 millions d’euro pour permettre à des dizaines de milliers de visiteurs de venir faire la fête. Pour quel bénéfice ? Il y eut un temps un bénéfice d’image. Je le sens en voie de disparition. Quand on accepte d’un cœur léger une société à deux vitesses, on accepte du même coup que le mélange ne se fasse pas.

Tout ceci pose la question de ce qu’on vend…Car le tourisme, c’est de la vente… Si tu vends de la plage, tu te positionnes face à la Croatie ou à l’Ile Maurice..Si tu vends de la cathédrale gothique, y’a moins de concurrents.. Moins de clients aussi, mais ils fonctionnent différemment…Et ils n’ont pas la même carte de crédit dans le larfeuille. Chacun fait son choix. Pour faire simple, tu es dans le camp de Carrouf ou dans le camp de Vuitton. Je sais, c’est pas bien. Faut pas être élitiste…mais quand je regarde et que je vois que tous mes copains connaissent autant La Roque d’Antheron que Bayonne, je me pose des questions.

C’est ça, mon problème…Je me pose des question alors que tout le monde a des réponses.


On en reparlera…

jeudi 3 août 2017

LA SANCTION

Je l’aime bien. Je la connais depuis longtemps. Cursus brillant, études internationales, mondialisation acceptée voire revendiquée… Et l’informatique comme phare…Bref, tout ce que je ne suis pas. C’est pour ça que j’aime parler avec elle. Elle me sert de profondimètre, de mesure pour mes lacunes.

Ce soir, ça roulait sur la responsabilité, étymologiquement, la capacité à répondre de ses actes. Ma jeune cadre est une farouche partisane de la responsabilité, surtout en cas de succès. Face à l’échec, elle est, comment dire, plus réservée…

Le sujet du jour, c’est encore la SNCF. On en  déjà parlé. Ma jeune amie me dit, méprisante, que je ne me rends pas compte de la complexité de la tâche. Parfaitement exact. En revanche, les mecs chargés de cette tâche, la complexité, ils la connaissent. Ils ont été engagés pour ça. Le plus souvent, ils ont postulé. Quand tu postules, c’est que tu te juges capable d’assumer. Ils ont négocié leur salaire comme une preuve de leur capacité. Là, ils se sont plantés.

« Ouais, mais il y a des aléas » rétorque la minette. Ben oui. Y’a toujours des aléas. Tu commandes un bateau, paf ! tu te prends la tempête du siècle. Le chef, c’est celui qui maîtrise les aléas. Sinon, c’est pas un chef…Des fois, c’est con, un aléa. Je me souviens d’un camion renversé après avoir quitté l’imprimerie chargé des couvertures d’un hebdo célèbre. Le responsable de fab s’est tapé un infarc sur le coup. Une semaine de ventes loupées, plus les indemnités aux annonceurs, c’est du lourd dans le budget. C’est vrai que le mec, il pouvait pas prévoir la plaque de verglas. Mais il pouvait prévoir deux camions pour limiter le risque.

Le vrai problème n’est pas là et les citoyens le savent. Qu’un manager soit surpayé, tout le monde peut le comprendre, surtout si le succès est au rendez-vous. Mais en cas d’échec ? Quelle est la sanction ? Ben, en général, on tapote la tête du planté et on le recase dans un autre poste.

A vrai dire, les cadres de la SNCF, je m’en tape. Celui qui m’intéresse, c’est Guilaume Pepy. Lui, depuis 1988, il cumule et accumule les postes de responsabilité. Trente ans ! Trente ans durant lesquels, les trains arrivent de moins en moins à l’heure. Trente ans à choisir ses collaborateurs. Trente ans à voir bouger les choses. Lui, il peut pas dire qu’il a des trucs à découvrir. Il a participé à tous les choix, il  a pris toutes les décisions. Et après trente ans, il se découvre dépassé par le merdier de dimanche dernier. Nous prendrait ils pour des cons ?

Depuis trente ans, ce mec a postulé, intrigué, manipulé pour arriver au sommet. Sa carrière montre ses choix. La vraie question est : que risque t’il ? Quand il réorganise, modifie, choisi,  que risque t’il ? La réponse est : RIEN.

Eventuellement, perdre ses 400 000 euro de salaire, mais ça ne fera pleurer personne. Personne n’a discuté de son salaire en cas de succès, personne n’a imaginé l’échec.

Et donc, Monsieur Pépy peut faire ce qu’il veut, comme il veut, quand il veut. Qu’on le veuille ou non, ce mec est un irresponsable car il est inaccessible à la sanction. Les citoyens le savent, surtout les cheminots.

La responsabilité, c’est ça : des bons points quand tu gagnes, le martinet si tu perds. Nous voyons bien que certains sont abonnés aux bons points et nous aimerions voir leurs fesses rougir sous la morsure du martinet. Mais non, impossible…On appelle ça un fonctionnement oligarchique.

Moi, y’a qu’un truc qui m’emmerde vraiment.. Pepy appartient à la promotion Louise Michel de l’ENA. On peut imaginer ce que la bonne Louise aurait écrit sur lui.


On en reparlera…

mardi 1 août 2017

COLETTE ET LE DROIT DU MACAQUE

On touche le fond…


Reprenons. Un photographe animalier bosse sur une population de macaques indonésiens. Il les accoutume, leur file ses appareils et l’un des macaques fait un autoportrait dont les réseaux sociaux s’emparent. C’est vrai que c’est une photo sympa. Là, où c’est moins sympa, c’est quand la photo est pillée et publiée et que le mec touche pas une thune au motif qu’il n’est pas l’auteur de la photo. Celui qui a appuyé sur le bouton, c’est le singe et donc l’auteur, c’est le singe. C’est lui qu’on doit payer….

Déjà, là, on est en plein délire. Le photographe est quand même celui qui a rendu la photo possible. Filer un droit d’auteur qui est un droit de propriété intellectuelle, c’est à dire un droit patrimonial à un macaque, faut oser. Ils ont osé…..Et ils ont gagné…..

Et donc, moi, je me tourne vers ma copine Colette. Colette, tu es juriste. Tu es tellement juriste que tu es intervenue pour faire voter une loi qui accorde aux macaques un droit à la sensibilité. Est ce que tu t’es rendue compte que tu ouvrais une porte ? Parce que ton droit à la sensibilité, il va pas tarder à devenir un droit à la créativité. Voire un droit à l’image. Qu’on pourra conduire dans les prétoires un photographe taurin dont les images auront choqué la sensibilité d’un Miura, de surcroit privé du droit sur son image ?

Je déconne ? Non. Le macaque ci-dessus, il a trouvé des défenseurs. De vrais, beaux, purs défenseurs. Qui vont en justice pour défendre ses droits. Et qui, affirmant qu’ils le représentent, demandent à toucher ses droits. Beaux et purs jusqu’au portefeuille inclus. Le propriétaire de l’appareil et de la péloche, il a tout perdu. Une association de connards décérébrés qui n’ont jamais rien su faire l’ont dépouillé.

Alors, imaginons. Imaginons un procès intenté par des collectivistes anticorridas au nom de la sensibilité des bovins ibériques. En s’appuyant sur le précédent du macaque, ils vont réclamer des sous pour compenser une sensibilité violée. Tu vas l’avoir ta notoriété Colette. Pas exactement comme tu prévoyais… Parce que tu as cru à la sincérité des protecteurs des animaux et que tu as refusé de voir que leur fonctionnement est un fonctionnement purement marketing pour récupérer des adhérents, des cotisations, des aides, des legs, bref du fric et du poids médiatique ou des électeurs. En enlevant les animaux de la catégorie des meubles, tu as ouvert la boîte de Pandore, espérant gratter quelques voix pour assurer ta réélection. Tu es assez jeune pour contempler le résultat de ton action. A moins que tu n’aies prévu de devenir l’avocate spécialisée de la sensibilité animale, une sorte de Collard du poulet en batterie.

Voici quelques années, le droit à l’image était lié à la propriété du support. Les grandes agences fournissaient leurs photographes en pellicules. Propriétaires du support, elles étaient de facto propriétaires de l’image. C’était trop simple mais surtout l’investissement modeste ne faisait pas le poids face aux sommes payées par les médias. Les photographes se sentaient lésés et ils l’étaient. Mais ils étaient aussi mieux protégés. A vouloir se protéger juridiquement, on s’affaiblit. Nous avons accepté que tout un chacun se croit photographe, nous arrivons au bout : un macaque a droit à la propriété intellectuelle, notion pervertie et qu’il faudra bien un jour discuter. Si un macaque y a droit, un enfant de trois ans aussi. Lors du divorce, c’est papa ou maman qui va gérer les droits ?

Dans propriété intellectuelle, le syntagme important, c’est « intellectuel » qui suppose une formation, une réflexion, une préparation, une expérience. Mais c’est « propriété » qui assure le fric. Ce n’est pas nouveau. Déjà des dizaines d’éditeurs ont eu à lutter contre des ayants-droit ou des veuves abusives contrôlant une œuvre à laquelle ils n’avaient aucune part pour s’assurer des revenus.

J’ai décidé de ne plus photographier les chats de mes enfants. Ces saloperies qui chient dans le jardin, qui collent des poils partout et qui ruinent le budget en croquettes hors de prix, pourraient me demander un droit à l’image. Si pas eux, leurs ayants-droit, surtout auto-proclamés. Les fabricants de calendriers publicitaires devraient se méfier. Entre les chatons sur coussins brodés et le regard humide de bovidés au pacage, leur budget risque d’exploser. Depuis le temps qu’ils  exploitent leur sensibilité. Ou la nôtre.


On en reparlera….

mercredi 26 juillet 2017

PRIVÉ-PUBLIC

Qu’est ce qu’un lieu public ? En premier lieu, un lieu appartenant à la puissance publique, un bâtiment officiel. Tout comme un lieu privé est un lieu appartenant à une personne privée.

La différence est fondée sur la qualité du propriétaire. C’est clair, simple et indubitable.

Or donc, voici que, depuis des années, cette différence a été gommée, par l’Etat lui même. Est considéré comme public, tout lieu susceptible d’accueillir du public. Ce qui n’est à l’évidence, pas le cas. .Certains lieux sont des lieux privés susceptibles d’accueillir du public. Tous les commerces, par exemple.

Le commerçant est un homme libre. Cette liberté inclut le choix de vendre ce qu’il veut, à qui il veut, dans les conditions qu’il détermine librement.

Bon, moi je ne m’intéresse qu’aux biens culturels. Les livres, pour lesquels j’ai quelque expérience, mais ce peut être la gastronomie, par exemple. Premier point : il y a des gens qu’on n’a pas envie de servir. C’est pas une question de couleur ou je ne sais quoi. C’est des gens qui te parlent mal. Le mec qui entre chez toi et te dit pas bonjour. Ouais, c’est pas important… Ben si…Moi, le mec qui entre chez moi et me dit pas bonjour, je veux dire normalement, poliment, en français correct, il peut aller crever ailleurs. Moi, je suis un commerçant normal, pas une grande surface à la con. Tu entres, tu enlèves ta coiffure. Ben oui, les codes de la politesse imposent que tu enlèves ton chapeau ou ta casquette. Tu me trouves ringard ? Tu vas ailleurs. Si tu veux pas de mes codes, tu veux pas de ma marchandise. Je te rejette pas. C’est toi qui me rejettes en rejettant mes codes.

C’est toi qui veux m’entraîner dans un monde qui n’est pas le mien. Un monde avec tes horaires, tes envies, tes produits. Moi, je décide de mes horaires, de mes envies, de mes produits. Si ça te va pas, tu vas ailleurs. Tu peux hurler ou pleurer que c’est chez moi que tu veux venir. Tu viens. Mais à mes conditions. Tu refuses de me vendre ? Oui, la loi m’y autorise, si j’ai un motif légitime.Par exemple, si tu te pointes hors de mes heures d’ouverture. En ai-je vu débarquer à 18 h 58, me prenant pour un con avec des explications pourries.. Surtout le samedi, les bras chargés de sacs venus d’ailleurs. J’avais une raison toute prête : vous avez jugé que les achats faits ailleurs étaient prioritaires, tant pis pour vous, j’aime à être en tête de la liste de courses, on a sa fierté... J’en ai juste pour cinq minutes.. Raison de plus : acheter des livres, c’est sérieux, ça se fait pas en cinq minutes, il faut qu’on parle, qu’on échange. Si vous méprisez ainsi le livre, nous n’avons rien à échanger.

Mes clients, les vrais, les fidèles, ils savaient. Ils me pardonnaient tout et je le leur rendais bien… Un commerçant vend un produit. Pas de l’amour ou de la compassion. A fortiori de la compréhension. Ça, c’est en plus, ça se facture pas, c’est si je veux bien. Si tu le mérites. C’est vrai qu’il y a une dimension non-monétaire du commerce mais rien ne la réglemente. Si tu veux que je te comprenne, commence par me comprendre. On appelle ça vivre en société.

C’est basé sur rien. Un feeling, une parole. C’est quasi une relation amoureuse. Non tarifée. Un jour, je vous débarquer un jeune et beau mec qui voulait acheter des cartes pour faire le rallye Abidjan-Nice. On parle, il était un peu largué, il ne connaissait rien à l’Afrique et rien aux cartes. Il soulignait ses lacunes, en demande de connaissances autant que de papier. A la fin, deux ou trois heures après, je lui ai fait cadeau de ses cartes. Le budget était pas énorme, le cadeau pas somptueux, mais il n’a jamais oublié cette après midi. L’année suivante, il créait le Paris-Dakar dont il me nommait cartographe officiel. J’étais devenu copain avec Thierry Sabine. Comme on peut l’imaginer, le cadeau a été remboursé au centuple mais ça ne comptait pas. Thierry a eu des dizaines de propositions pour me remplacer, il a toujours tout rejeté. On avait cette après-midi entre nous que rien ne pouvait acheter. Car, contrairement à ce qu’on en a dit, Thierry n’était pas vénal.

Le commerce, c’est ça. Pas un échange de biens contre un chèque sous le regard froid du Code de la Consommation.

Après, il y a toujours des caguemerdes pour pourrir le jeu. Restau bayonnais. J’y déjeune, comme souvent. Entre un couple avec un gosse d’une dizaine d’années. Ils posent sur la table, bien en évidence le guide qui affirme que l’apéro sera offert sur présentation du dit guide. Le patron offre donc l’apéro. Trois apéros. Et la petite famille commande UN repas en demandant que l’entrée soit servie à Madame, le plat à Monsieur et le dessert au gniard. Ils se croyaient malins : trois apéros pour un menu du jour. Le patron les a virés en leur offrant leur apéro. Avec dignité et fermeté. Ils sont partis la rage aux lèvres affirmant qu’ils allaient écrire à l’éditeur et qu’on allait voir ce qu’on allait voir.

C’est pour ça que les consuméristes me gavent. L’utilisation de la loi pour faire chier les petits commerçants sans s’attaquer aux gros poissons.. La non-prise en compte des petites ruses mesquines qui détruisent le lien commercial. L’acceptation des escroqueries intellectuelles comme ces innombrables « poissons de la criée » qui fleurissent en bord de mer même quand les poissons arrivent en camion d’une criée située à 200 kilomètres.

La destruction du commerce de proximité par l’e-commerce est une catastrophe car cela ramène le commerce à sa dimension in-signifiante : le prix.

Mais, il faudra en reparler


lundi 24 juillet 2017

PARLONS DES ECOLOS

Ça me revient et j’ai envie d’en parler… C’était dans les années 2000. Je faisais dans l’édition écologique, je publiais des livres d’histoire naturelle, pas d’écologie. Des trucs imbittables sur la mémoire chez les corvidés ou le relevé des espèces avaires dans la forêt de Fontainebleau… Nicolas Hulot soufflait dans son micro… Forcément, j’avais plein de copains dans les facs..et ailleurs. Comme Jean-Philippe Siblet. Lui, il était facteur. Quand je l’ai édité, qu’est ce que j’ai pas entendu !! C’est qu’il était pas dans le sérail, Jean-Philippe. Je vous rassure, il y est. Il gère la biodiversité au Muséum. C’est comme ça qu’on apprend qu’on a de la vista, qu’on sait juger les hommes.

Il y avait un problème en Guyane. Il fallait produire du propergol à Kourou pour servir de carburant à la belle Ariane. Jusque là, le propergol il naviguait de Bordeaux à Cayenne et tout le monde craignait le naufrage. Produire sur place devenait logique. Mais voilà, pour ça, fallait de l’électricité. Et donc, on a nommé une commission scientifique. Je me souviens, nous les herpétologues, on avait désigné Jean Lescure. Impeccable ! Vingt ans de travail sur l’herpétofaune guyanaise, CNRS, Muséum. Y’avait aussi Jean-Pierre Gasc, il me semble. Même profil.

Et donc, la commission scientifique, elle a conclu à la nécessité de construire une centrale nucléaire.. Hou là !!! La réaction fut à la mesure de la conclusion. Du nucléaire !! Alors qu’il n’y avait aucune centrale en Amérique Latine !! Z’étaient fous les universitaires. On a donc déplacé le problème du champ scientifique vers le champ politique et EDF a construit le barrage de la Sinnamary, plus connu sous le nom de barrage de Petit-Saut. Je me souviens de copains vent debout.. Comme ce cher Exbrayat, spécialiste européen des Cécilidés. C’est des sortes d’amphibiens apodes qui vivent dans l’humus de la forêt amazonienne. Mal étudiés les amphibiens et mal connus. Exbrayat, il avait calculé qu’on allait rayer de nos connaissances un beau paquet d’espèces mais, à l’époque, tout le monde se foutait de la biodiversité. Chaque spécialiste hurlait à la destruction du biotope pour ses petites bêtes

Mais, tu sais ce que c’est ? Quand tu fais traiter un problème par les ignares, tu as une solution qui plait aux ignares lesquels sont plus nombreux que ceux qui savent. Et donc, l’opinion publique, composée de même, donne raison aux cons. Lesquels, en l’occurrence, étaient peints en vert.

Vint ans après, on peut faire le point. En zone tropicale, sous l’effet conjugué de la chaleur et d’une abondante biomasse, les retenues d’eau agissent comme un réacteur à produire du méthane et autres gaz à effet de serre. Le barrage de Petit-Saut en produit autant qu’une centrale thermique. Ha oui ? Oui.

Le barrage a noyé 400 km2 de forêt tropicale. Ce qui a disparu, on ne sait pas, vu qu’aucun inventaire exhaustif n’avait été fait. Mais ce ne sont que des insectes, des amphibiens, des choses qui n’intéressent personne, et surtout pas Brigitte Bardot, l’icône ridée des mémères à chat. Y’a aussi des plantes, mais ça…Monsanto s’en fout. Du moins, c’est bon pour les poissons.. Même pas. Le préfet vient de limiter la pêche dans le lac de retenue. L’eutrophisation excessive a fait baisser la « ressource halieutique », comme ils disent. Sympa, pour les Guyanais qui vivent du poisson. En aval, la population piscicole a également baissé du fait du manque d’oxygénation de l’eau.

EDF avait organisé une belle opération appelée Arche de Noé pour montrer des mecs récupérant des mignons singes pelucheux et des oiseaux bellement coloriés. Ça fait du bien à l'image. Les mygales, on s'en fout.

Dernier point : le barrage ne suffit plus à assumer les besoins guyanais. Je vous rassure : malgré le désastre écologique constaté, ils n’envisageront même pas la solution nucléaire.

J’adore cette histoire….Elle marque bien la connerie dont nous sommes capables quand nous ne faisons pas confiance aux spécialistes formés par la République. Quand nous leur préférons les histrions formés à notre manipulation.

Et moi, je vais perdre quelques copains. Un apologiste du nucléaire, c’est quasi pire qu’un pédophile…


On en reparlera…

dimanche 23 juillet 2017

LE FARDEAU DES GÉOGRAPHES

C’est sur leurs épaules et ils ne peuvent l’ôter. Ils ne peuvent même pas en parler sans être voués aux gémonies…. Alors, ils ont la parole honteuse et mesurée, ils avancent à bas bruit, ils se cachent derrière le vocabulaire et les statistiques. Comment peuvent ils dire ?

La géographie est inégalitaire.

Voilà, c’est dit. Et quand c’est dit, on fait quoi ?

Au pire, on se transforme en aménageurs pour trouver les rustines dont les gouvernements ont besoin.. Faire croire que le Progrès va régler les problèmes que le Progrès a ajouté aux conditions premières. On a un bel exemple en Europe avec les Pays-Bas. Rien que le nom, ça t’encourage pas à émigrer…Voilà quelques siècles qu’ils se battent contre l’inondation…Avec le Progrès général, le réchauffement climatique leur promet le bain de cul pour pas longtemps. Et donc, ils poursuivent, ils progressent, avec l’idée qu’ils vont gagner. Progrès contre Progrès… On verra….. Moi, je doute…mais c’est ma nature…

Le géographe, il peut pas dire que le natif du Mali risque plus de crever de faim que l’indigène de Normandie. Ou alors avec plein de circonlocutions. Vous verrez jamais un géographe parler cash. Dire : « Ben, c’est pas de pot, t’es pas né au bon endroit…. » C’est pas un hasard si les migrants du 18ème, ils viennent de la corne de l’Afrique et du Soudan du sud. L’Afrique est pas riche, mais l’Erythrée et le Soudan, c’est le pompon. Dis pas ça… Tu as tout de suite un zigue pour te dire « Oui, mais il a droit…. ». Oui, il a droit de crever ou d’émigrer. Les deux, parfois…..pas en même temps.

Ça, c’est le constat. Suit la question. Est ce que le fait d’être né dans un endroit merdique donne le droit d’aller ailleurs ? Surtout, si c’est chez moi….Moi, j’ai du bol, je suis né dans la plus belle région du plus beau pays du monde. Et  j’ai pas envie de partager .. Mais c’est pas bien ! Salaud ! Egoiste….

Oui..Egoiste. Et alors ?  Tu me fais la morale..Tu partages, toi ? L’égoisme, c’est le vilain nom de la survie. Avant de m’engueuler, dis moi ce que tu partages. Ton appartement ? Ta voiture ? Ta femme ? Ton boulot ? Tes économies ? Ben, tu vois. Ce que tu partages, c’est tes idées. Moi aussi. J’en ai pas trop, alors c’est facile. On peut avoir des postures, style BHL. Mais le partage, le vrai, personne n’y va. Même pas BHL…

La géographie est mère de l’égoisme Quand t’es Teuton installé dans le Mecklembourg-Poméranie, tu rêves de Provence. Tu tentes…Trois fois en moins d’un siècle mais ça marche pas. Et donc tu fais l’Europe. Moyen délicat et politique de mettre la Provence chez toi. T’es tranquille. Les fils de Pagnol, la Baltique, ils envient pas. D’ailleurs, personne n’envie. Mais tu viens d’annexer le pays où le citronnier fleurit sans que personne n’ait vu. Génial….

Le Provençal, il voit. Il assiste, impuissant, à la conquête de la lavande. C’est le monde nouveau. Le Provençal, il va trouver que Marine dit pas que des conneries. Peu à peu s’installe effectivement un monde nouveau. Un monde à rebours où les haines vont fleurir autant que le citronnier. Ho là ! Polop ! C’est pas ça qu’était prévu.

Le géographe, du coup, il est dans la merde. Alors, il cherche. Comme ce bon Augustin qui me sort la mésologie de sa manche. On a pas pu en parler, Augustin, mais la mésologie, j’adhère. Je pourrais t’aider à étudier mon milieu. On commencerait par l’impact des marées sur le territoire des évêques, histoire de poser le cadre de façon bien géographique. Juste pour dire que, chez moi, l’évêché fonctionne pas comme le décrit Florian Mazel. Normal, le Pays basque, c’est pas la Mayenne. On en viendrait vite à la singularité. On en viendrait à dire que la géographie n’a aucun caractère général..Peut être discuterions nous de l’influence vidalienne : et si les villes n’avaient aucun poids dans l’analyse des territoires ? Et si, prendre des villes pour fondement de l’aménagement était une erreur ?

Alors, on parachèverait la mort des géographes… Nous ajouterions l’impuissance à l’inégalité. On en a brûlés pour moins que ça…



On en reparlera…

jeudi 20 juillet 2017

LE RETOUR DE L’ARMÉE

De Gaulle, après le putsch avait réussi  se débarrasser de l’armée comme force politique. Ça a duré une cinquantaine d’années qui nous ont fait oublier cette vérité première : les militaires sont des citoyens comme les autres. Et, comme tels, ils peuvent juger de l’action du gouvernement. Voire s’y opposer comme n’importe quel syndicaliste ou zadiste nantais.

Ha ! mais non ! ils doivent obéir au chef des armées…..En principe, oui. Mais on obéit mieux à qui sait le sujet. Autour de De Gaulle qui avait quelques lumières, il y avait des pros : Chaban, Billotte, Messmer pouvaient montrer leurs états de service. On était entre pairs. Voilà quelques années que les gouvernements sont désespérément civils. Il n’existe aucune passerelle de communication. En écoutant Macron aujourd’hui, je pensais que la plupart des militaires que je connais devaient se sentir pris pour des cons. Et ça, c’est pas bon. Surtout que les militaires savent que les économies ne sont pas économes de l’essentiel : leurs vies.

Ce sujet, le retour de l’armée en politique, voilà longtemps qu’il est perceptible. J’avais commis un roman sur le sujet, refusé par de nombreux éditeurs, où je suggérais que le cursus de l’ENA ne puisse pas être complété sans une année de service militaire dans un régiment « action ». Je me suis fait accuser de sexisme. Il me paraissait pourtant évident qu’on ne peut pas gouverner sans connaître le poids de la chose militaire et que seuls ces régiments connaissent la guerre.

Quand on parle de militaires, il faut, bien entendu, compter les anciens militaires. Tous ceux, surtout sous-officiers, qui ont passé cinq dix, quinze ans sous les drapeaux, ont connu les théâtres d’opérations extérieures et sont revenus à la vie civile. Je n’ai trouvé aucune statistique sur leur nombre mais ils sont quelques milliers et eux ne sont tenus à aucune réserve ni à une quelconque obéissance.

Peu sont politiquement corrects. Certains ne sont franchement pas présentables. Mais ils sont là, plus nombreux que beaucoup qui tiennent le haut du pavé. Je pense souvent à mon copain Loulou qui me parlait de ses copains morts dans l’attentat du Drakkar. En 1983. Morts et jamais vengés. Peut être que c’est pas bien mais la vengeance est l’ADN des guerriers. Loulou, il estimaait que ses copains étaient morts pour rien. Pas pour la France. Pour rien. Et pour Loulou, la France, c’était pas rien.

Macron et ses copains énarques sont incapables de comprendre. Pour eux, l’armée est un simple poste budgétaire. Et ça, les militaires supportent pas. Bien entendu, les gradés de haut niveau peuvent donner le change.. Mais dès qu’on descend dans la hiérarchie, dans les rangs de ceux qui vont mourir, ça ne passe plus.

C’est qu’il existe un mental militaire. Un truc bizarre fait de nationalisme, de haine de l’ennemi, d’un zeste de racisme (c’est qui l’ennemi ? celui qui tue mes copains), d’un poil de rejet. Ce mental, on l’aime ou pas. Mais ça, on s’en fout. En avons nous besoin ? Avons nous besoin d’un groupe de citoyens prêt à mourir pour nous défendre ?

Mais ceci suppose que nous acceptions l’idée d’une menace. Si nous évacuons la menace, la réponse va de soi. Ce que nous n’aimons pas chez les militaires, c’est qu’ils nous voient menacés. Ils nous voient avec des ennemis alors que nous voulons que tout le monde nous aime.

On peut y croire….C’est vrai que quelques plaques de marbre ne grèveront pas le budget de la Défense..


On en reparlera….

jeudi 6 juillet 2017

JOURNALISTES AU RABAIS



J’y ai encore eu droit et ça me rend sauvage…Parce que la langue française est respectable et qu’elle est violée quotidiennement par des branlotins incapables. L’un de ces branlotins, ce matin, me fait un plan de merde sur je ne sais quel peuple décimé.
 Décimé !  en français, la décimation est un acte consistant à prendre un bonhomme sur dix et à l’executer..Décimer..un sur dix…L’étymologie éclaire.. C’est du latin… Et donc, moi, 10% de morts, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre.

Le mec (ou la gonzesse, chipotons pas) qui te parle ou écrit sur un peuple décimé, c’et pas un journaliste, c’est un (ou une) sinistre imbécile, un connard mal sorti d’une mauvaise école. En fait, il veut dire exterminé, mais, dans sa tête, décimé, c’est plus chic. C’est vrai, exterminer, ça sent l’artisan éradicateur de cafards. Sauf que le sens des deux mots n’est pas équivalent et que tu peux pas mettre l’un à la place de l‘autre.

Les journalistes au rabais, ça les gène pas. Les mots, ils s’en foutent, ils les connaissent pas. Y compris ceux de Cicéron…. Que n’a t’on pas lu sur la mélenchonienne citation de l’exorde des Catilinaires.. Jusqu’où, Catilina, abuseras tu de notre patience ? Pour plein de mecs, cette citation, banale, était une exceptionnelle découverte. On est loin de Jean-Hérold Paquis qui terminait ses discours par « l’Angleterre, comme Carthage, sera détruite » en référence au Delenda est, Carthago, du vieux Caton. C’était sur Radio-Paris entre 1941 et 1944.

Oserais je le dire ? Je préfère le vieux fasciste qui se réfère à Caton sans le dire, mais en assumant que son auditeur le sait, au branlotin qui a besoin de Mélenchon pour découvrir Cicéron. Parce que le vieux fasciste, il respecte ses auditeurs, il me respecte, il respecte ma culture, notre culture.. Le branlotin ne respecte rien et surtout pas moi qu’il prend pour un vieux con. C’est vrai, je connais mieux Caton qu’Instagram. Et Pandore m’évoque Hésiode, pas la maréchaussée. Mais quand vivras tu avec ton temps et jusqu’où abuseras tu de notre patience ?

Bande de cons, c’est mon temps… Un temps commencé il y a  trente siècles avec Hésiode et qui se poursuit.. Un temps où il y a de la place pour tous ceux qui veulent la prendre. Même Joey Starr ? Même. J’ai écrit ceux qui veulent la prendre..Il a le droit de pas vouloir. C’est vrai que c’est pas le temps des wesh-wesh de banlieue. Encore que…

Les branlotins, ils se décarcassent et me font chier, sur nos rapports avec l’Islam. Aucun ne me parle jamais de Rodrigue Diaz de Bivar.  C’est plus facile d’aller interviewer Tareq Oubrou.. En fait, c’est ça la question.. C’est plus facile.

Bande de merdeux…Si vous allez toujours au plus facile, votre marge de progression va flirter avec zéro.. Vous chiez sur Hésiode et vous jetez son contemporain Zénon aux orties.

Peut on vivre sans Zénon d’Elée ?


On en reparlera…

PS : tout journaliste affirmant qu'un peuple est décimé (et non exterminé) est une merde que son rédac chef doit virer sur l'heure

PS 2/ j'assume un total mépris pour ceux qui n'ont pas un minimum de culture latine

mardi 4 juillet 2017

COUSIN EDMOND

C’était le cousin de Maman. Le dernier représentant d’une lignée de pépiniéristes, paysagistes, jardiniers. Jardinier à l’ancienne qui refusait la mécanisation car elle mettait une distance entre la plante et son regard, mais qui devait l’accepter au nom des impératifs économiques. Les clients n’étaient plus prêts à payer de longues heures de travail. Il souriait : « Je propose toujours deux devis, un manuel et un avec le rotovator. Les clients prennent toujours le rotovator, il est moins cher. Et quand je leur explique que la machine est le meilleur moyen de multiplier les pissenlits et les chardons, ils ne me croient pas. Alors, je fais de la merde et je m’assure le chantier pour l’an prochain ». Avec lui, j’ai beaucoup appris. Avec lui, mais aussi Paul Maymou et Yves Delange. Trois fous de jardins.

« Ecoute moi bien. Si la plus belle plante du monde se naturalise dans ton jardin, tu l’arraches. Ou tu la déplaces. Un jardin n’est que le savoir et la volonté du jardinier. C’est toi qui décides, pas le vent ou un oiseau qui chie. »

Je ne garantis pas les mots, mais c’était le sens. Cette conversation dans la grande cuisine fraiche, je ne l’ai jamais oubliée. Et, à force d’y penser, je suis arrivé à la conclusion que l’art des jardins est le plus complet, le plus difficile, le plus exigeant. Le plus décevant et le plus gratifiant. Ne fut ce qu’à cause de sa dimension temporelle. Le petit truc que tu mets en terre à l’automne aura développé un mètre de végétation à la fin du printemps et sera couvert de fleurs. Cette évolution, tu dois l’intégrer à ton boulot. Mais aussi, celle des années à venir. Il n’y a pas de hasard. Et quand tu as la chance de voir les dessins des grands jardiniers du XVIIème siècle, les tracés de perspective qui n’ont atteint leur maturité qu’au bout d’un siècle, tu comprends que le hasard n’est qu’un emmerdeur. Un jardin n’est que la volonté du jardinier.

Surtout un jardin à l’anglaise. Plus que tout autre, il est fils du savoir. Rien n’y est laissé au hasard. Il offre cette apogée de la pensée, une image de la nature conçue par la culture. Car rien n’y est naturel, tout y est pensé, réfléchi, pesé. Cousin Edmond détestait qu’on touche au terrain, qu’on envoie des bulldozers corriger une éminence ou améliorer une perspective. Il croyait que c’était le boulot du jardinier. Il tolérait pourtant qu’on prépare des fosses pour les plantes acidophiles dont il était un spécialiste, mais c’était encore et toujours la volonté du jardinier. Le désir d’avoir des rhodos en fleur à l’entrée du printemps.. J’ai pensé à lui en Irlande. J’ai oublié le nom de la propriété où Barry Maybury m’avait emmené. Les couleurs de la famille étant le rouge et le blanc, les jardiniers avaient orné l’allée principale de deux rangées de rhododendrons, les rouges à gauche, les blancs à droite. Et à la floraison, les arbres étaient protégés par une fine gaze pour éviter toute pollinisation croisée. Une gaze assez fine pour que le but reste visible. Cousin Edmond aurait adoré bien qu’on soit chez des catholiques. Cousin Edmond était protestant et il avait pour le libre-arbitre une méfiance instinctive. Même le libre arbitre des plantes.

Naturellement, ceci exclut de l’art des jardins les jardins potagers et leurs alignements sinistres de plantes identiques. Ceux là sont des utilitaires auxquels manque la dimension esthétique. Il faut que Cyrano soit présent dans un jardin bien conçu. Une rose, à tout prendre, qu’est ce que c’est ? Un point rose sur l’i du verbe aimer. Tu te promènes dans un jardin avec la femme que tu aimes et, au moment où tu vas déclarer ta flamme, le jardinier a prévu un rosier dont les boutons sont parfaits de maturité. Ça marche pas avec les citrouilles, que Cendrillon le veuille ou pas.

Je suis chiant. Dans un jardin, je ne me laisse pas aller. Je compare, j’analyse. Putain ! il est bon le mec, il me fait une haie de potentilles, juste là, à l’endroit exact où leur abondance de jaune va me faire craquer. Ça ne m’empêche pas de faire des conneries, souvent par flemme. Les bougainvillées qui étaient si beaux ont crevé cet hiver faute de protection. Pas grave ! Je vais les remplacer par des plantes non gélives. Trachelospermum devrait convenir et j’aurais le bénéfice de l’odeur. C’est moi qui décide. Je suis jardinier et donc je suis Dieu.

Pour une fois….


On en reparlera

lundi 3 juillet 2017

LES PARACELS OU COMMENT REPRENDRE SA PAROLE.



Ça bouge en Mer de Chine. Tout ce que je lis est tiré du même tonneau où se mélangent avec bonheur les cépages de l’incompétence et les millésimes de la mauvaise foi. En gros, la Chine est accusée de s’approprier indument les îles Paracels

Aux Archives fort bien tenues du Ministère Français des Affaires Etrangères, tout un chacun pourra consulter et obtenir une copie du traité signé le 26 juin 1887 entre la Chine et la France représentant l’Empereur d’Annam afin de fixer les frontières maritimes et terrestres entre les deux pays.. Or, ce traité, en français et en chinois est très clair et stipule :

LES ILES QUI SONT A L’EST DU MÉRIDIEN DE PARIS 105°43 DE LONGITUDE EST SONT ATTRIBUÉES A LA CHINE ; LES AUTRES ILES QUI SONT A L’OUEST DE CE MÉRIDIEN APPARTIENNENT A L’ANNAM.

Le méridien de Paris étant à 2°20 à l’est de Greenwich, la limite fixée est donc aujourd’hui le méridien 108,03° est de Greenwich. Tracez la ligne : les Paracels appartiennent à la Chine avec l’accord des autorités françaises. C’est indiscutable.

Comment en est on arrivé à la situation actuelle ?

La politique a horreur du vide. Les Chinois ne s’étant pas installés sur les îles, la France y maintient une présence, allant jusqu’à y construire une station météo en1932. C’est que la guerre de 14 est passée par là et on a inventé le sous-marin qui change les paramètres stratégiques. Une note du Résident Supérieur en Annam l’exprime crûment en 1920 :

Ces iles constituent le prolongement naturel d’Hainan… une flottille de submersibles s’appuyant sur cette base pourrait isoler le Tonkin 
et l’attaché naval à Pékin enfonce le clou un an plus tard :
Bien qu’elles ne puissent être sans doute d’une grande utilité, elles gêneraient les communications si elles venaient à passer entre les mains d’une puissance maritime qui les utiliserait comme base

Bon. On a filé à la Chine un truc qu’on croyait inutile mais qui ne l’était pas. Faut revenir sur sa signature. Le Quai d’Orsay va s ‘y employer…

On commence donc par infléchir la position française et affirmer que le traité de 1887 concernait essentiellement la frontière terrestre et que la frontière maritime n’en était qu’un accessoire.

En 1937, une note au Ministre des Colonies indique

"Les dispositions du traité de 1887... n'avaient d'autre objet que de fixer la
frontière maritime entre la Chine et le Tonkin dans la région de Monkay,
en rattachant à la Chine quelques territoires et îles situés à l'Est de
l'embouchure de la rivière de Monkay et qui dépendaient autrefois de
l'Annam.
Il n’y a pas lieu de donner à la clause de 1887 une portée autre que locale.

Forcément les Chinois ne sont pas d’accord. Ils ne sont même pas d’accord pour un arbitrage. C’est signé, point barre. On cherche des solutions. Un certain Boissonnas suggère que la Chine pourrait nous les rendre en paiement de l’indemnité sur le chemin de fer du Yunnan. On tergiverse. Le Gouverneur d’Indochine écrit au Ministre :

Le gouvernement français n’a jamais renoncé à faire valoir des droits historiques et géographiques..seules des raisons d’opportunité se sont opposées à ce que ces droits fussent affirmés officiellement…
 Notre intérêt bien compris était de ne pas nous aliéner l’opinion chinoise..

Traduction : c’est le bordel en Chine, attendons de voir l’avenir. Et après la Seconde Guerre Mondiale, ça va donner une note au Ministère des Colonies :

Il parait préférable de différer le règlement du litige par voie juridictionnelle jusqu’à l’établissement d’une autorité gouvernementale unique et incontestée tant en Chine qu’au VietNam.

Normal. Le PCC a pris le pouvoir à Pékin et nous reconnaissons Taiwan tandis que Ho Chi Minh s’apprête à nous mettre à la porte.

1954, Accords de Genève. Les Paracels sont attribuées au Viet-Nam du sud par la même République française qui les avait reconnues chinoises.

Moi, j’attends de mon gouvernement qu’il respecte sa signature parce que c’est aussi un peu la mienne. La Mer de Chine devient une poudrière. J’attends de mon gouvernement qu’il calme le jeu et qu’il rappelle au gouvernement américain que, depuis 1975 et la chute de Saïgon, il doit rester sur l’autre rive du Pacifique et que la parole de la France, ce n’est pas du pipi de chat. J’attends de la presse qu’elle cesse de servir de porte-voix à la CIA et qu’elle donne à ses lecteurs des informations vérifiables.

Et la seule chose qu’on puisse vérifier,  c’est que les Paracels sont chinoises depuis 1887. Grâce à la France


vendredi 30 juin 2017

PEPY, LE PIRE

La petite grosse, elle est contente d’elle. Trois heures qu’elle nous cause. « Mesdames, Messieurs, ici Laurence, votre chef de bord, notre train est arrêté au milieu des voies, veuillez ne pas descendre… » Chef de bord !!! variation pepyenne du commandant de bord, ils n’ont peur de rien à la SNCF, et surtout pas du ridicule. Manque plus que l‘uniforme à galons, mais ça ne saurait tarder.

Après quoi, elle passe dans les wagons. « Etes vous satisfait de l’information qui vous a été donnée ? » Tous approuvent, désarmés par autant d’inconséquence. Tous, sauf le vieux con de service. Moi.

« NON..Mademoiselle, je n’ai pas payé un billet pour entendre vos fadaises et vos erreurs grammaticales. J’ai payé pour arriver à l’heure. Et nous avons trois heures de retard. Alors, vos conneries vous les gardez pour vous. » Quelques applaudissements. Ceux qui m’approuvent mais n’osaient pas…. La petite grosse, elle se démonte pas. « Mais Monsieur, il y a eu des incidents qui ne sont pas de notre fait.. »

Connasse !! Sur son uniforme, il y a marqué en gros SNCF. Alors analysons.

1/ un train en panne après Dax qui bloquait le trafic. Ce train, c’est bien la SNCF qui le fait rouler et s’il est en panne, c’est bien la responsabilité de la SNCF. Mauvais entretien ou que sais-je ? que je n’ai pas à savoir.

2/ un caténaire cassé entre Bordeaux et Libourne. Ce caténaire, il a été calculé par un ingénieur de la SNCF (ou de RFF, c’est pareil) qui n’a pas su le faire assez solide pour le trafic attendu. La SNCF est responsable et devrait virer le ringard. Le coup du caténaire, c’est la troisième fois en moins de six mois.

3/ après quoi, le Bordeaux-Paris direct s’arrête à Angoulême et Poitiers pour faciliter le voyage de braves couillons en carafe du fait des erreurs de la SNCF.

Dans les trois cas, la responsabilité du retard incombe absolument à la SNCF. Et donc à la grosse blondasse qui la représente.

Résultat des courses : 8 heures de voyage au lieu de 5 h. Moi j’appelle ça une rupture unilatérale du contrat de transport. Je remarque au passage que, il y a cinquante ans, le Sud-Express mettait huit heures pour faire le trajet. Comme aujourd’hui. 50 ans de progrès pour ça…

Pepy, c’est le pire dirigeant d’entreprise du moment. Chaque fois que je le vois plastronner à la télé, j’ai des boutons. Le mec, il me parle de trucs qui n’ont rien à voir avec son boulot.

Car son boulot, c’est que les trains soient à l’heure. Uniquement. Tout ce qu’il fait, les négociations, les analyses, les prévisions, doit tendre à ça : que les trains, tous les trains soient à l’heure. S’il vient me dire que 98% des trains sont à l’heure, je ne regarderai que les 2% qui manquent.

Pepy, il a une obligation de résultat. 100% à l’heure. Pas que les TGV, mais aussi les TER, les Intercités, les trains de banlieue, tout ce qui dépend de son incommensurable intelligence. Pas la peine qu’il essaye de me baratiner ou de me prendre pour un con. Il est grassement payé pour faire arriver les trains à l’heure, pas pour m’expliquer que c’est impossible.

Le soir même, je découvre avec horreur qu’il existe à la SNCF une direction chargée de gérer les remboursements liés aux retards et même un site internet dédié aux retards., le G30.

Monsieur Pepy, un bon manager, ce n’est pas quelqu’un qui gère les retards, c’est quelqu’un qui les supprime. Toute votre action devrait tendre vers la suppression de cette direction. Je vous suppose impliqué dans toutes les conneries statistiques que j’ai vu envahir le voyage depuis trente ans, au premier rang desquels l’ineffable yield management. Pour vos semblables, quelques pourcents de retards, c’est acceptable, statistiquement acceptable. Ben non. Un retard, un seul, peut faire échouer une affaire, ce qui n’est pas grave, détruire un couple, ce qui l’est beaucoup plus, bousiller une soirée entre  amis. Vos quelques pour cents acceptables,  ce jour là, pour moi et quelques autres étaient devenus 100% de pénalités. Inacceptables.

Monsieur Pepy, tant que  vous accepterez qu’un seul train soit en retard sur le réseau que l’Etat vous a confié, je ne pourrais pas vous considérer comme un bon manager. Monsieur Pepy, tant que vous considérerez qu’il est préférable d’informer, je ne pourrais pas vous considérer comme un bon manager parce que vos informations n’existent que pour autant que vous n’êtes pas à l’heure. C’est simple pourtant. : vous nous faites informer sur les retards que vous tolérez. Supprimez le retard, l’information devient inutile.

Pour l’heure, je travaille avec mon avocat favori sur ce sujet : la rupture du contrat de transport. Je demande à tous ceux qui ont vécu l’horreur que j’ai vécu ce jour de me contacter. Pour vous faire payer, Monsieur Pépy. Si nous sommes assez nombreux, nous vous mettrons à genoux et nous vous obligerons à faire ce que tout commerçant (ce que vous êtes) doit faire. Penser à ses clients. Tous ses clients.

Y compris ma copine Dolo que le retard en gare de Chatou pénalise tous les soirs. Pour vous, statistiquement, ce n’est rien.. Pas pour elle.


On en reparlera….

mercredi 14 juin 2017

A CAUSE DES FEMMES

Bon, voilà, le premier jet est terminé. 260 feuillets bien denses qu’il faut reprendre ligne à ligne et gratouiller pour donner une cohésion stylistique.

Mon premier roman ! Historique et médiéval. Avec un sujet tellement contemporain que, parfois, la plume a dérapé. Faut que je trouve un éditeur et ça, ça va pas être coton, les filles que je décris ne sont pas de Brooklyn.

Globalement, le sujet est toujours le même. Le déplacement détruit, surtout le déplacement de populations. Je vous la fais courte.

Nous sommes au début du XIIème siècle. Deux grands rois, Gaston IV de Béarn et Alphonse 1er le Batailleur d’Aragon-Navarre débutent le volet oriental de la Reconquista, la reconquête de l’Espagne sur les Maures. Non, c’est pas une charge islamophobe, j’ai bien précisé qu’il s’agissait de déplacement de populations. Les arabes, ils sont là depuis cinq siècles. Plutôt figés que déplacés, les copains.

Les deux reconquérants, ils sont pas tout à fait assez costauds alors ils battent le rappel des parents et alliés et les chevaliers affluent de tout le royaume franc. D’abord les voisins, Aquitains, Languedociens, Provençaux mais aussi les Flamands, les Champenois et les Normands de Rotrou du Perche. Dame ! C‘est une croisade décrétée par le Pape, donc tu gagnes le Paradis et tu gardes le butin et les terres que tu as prises. Le bénef, il est spirituel et matériel, ça se refuse pas.

Le déplacement de population, c’est celui là. Un gros paquet de costauds du Nord qui arrivent au Sud. Pour toi, ça change rien, c’est des chrétiens, c’est tout pareil.

Ben non. Les Pyrénéens, ils ont un truc, ils pratiquent la primogéniture absolue. Ça veut dire que l’aîné hérite quel que soit son sexe. Les filles ont les mêmes droits que les garçons. Les Francos, ils sont plus sélectifs. Ils suivent les règles saliques, c’est l’aîné des garçons qui hérite.  Règles d’hommes adaptées au monde des hommes et si t’es pas contente, on va régler ça sur le pré.

Mais, vont dire mes copines, c’est dégueulasse ! Ouais, j’admets. Le mouvement commencé à la prise de Saragosse va durer un siècle, jusqu’à la bataille de Muret, où la chevalerie franque va détruire presque toute la noblesse languedocienne. Là, on finit le boulot et on change la langue, tout en détruisant les archives. On sait jamais.

Le mouvement se poursuit. Les Nordistes continuent à envahir l’Hispanie et les terres romanes, surtout en été, mais l’essentiel est fait depuis près de dix siècles. Et la religion n’a rien à y voir.

C’est juste pour rappeler cette vérité première. Quand on déplace les gens, on déplace les cultures et elles ne sont pas toutes compatibles, ni réductibles à une seule dimension. Et l'oppression des femmes, c'est pas d'hier et ça vient pas du Sud.


254 feuillets pour ça !!! Faut ce qui faut, non ?