mardi 19 avril 2016

MULTICULTUREL

Ça, c’est le truc à la mode. Faut être multiculturel. Ça me va. A 17 ans, j’ai quitté ma province biculturelle pour entrer aux Langues O’, histoire de mieux comprendre les cultures des autres. Après quoi, j’ai passé quarante ans de ma vie à écrire, éditer et vendre des livres qui traitaient des autres cultures. Je me sens pas trop multiculturel pour autant. La seule culture que je maîtrise à peu près, c’est la mienne, la culture française des temps modernes. Les temps anciens, je m’efforce, mais on n’a qu’une vie. Les autres, j’ai des notions. Tiens, le taoïsme : j’ai juste passé un an dessus, avec Madame Vandier-Nicolas. Ça te donne un vernis, mais guère plus.

Forcément, j’ai un peu voyagé. J’étais (je suis toujours) un compagnon de voyage chiant. J’admire peu, j’aime peu. Je commence toujours par faire la biblio avant d’acheter le billet. Et sur place, je dissèque. Et je me méfie des spécialistes au moins autant que des autodidactes nuls.

Tout ça pour dire que les tenants du multiculturalisme qui tirent leur savoir d’une lecture rapide de Lonely Planet, me font doucement rigoler. Leur vision du multiculturalisme, c’est une accumulation de poncifs enrobée dans les bons sentiments. Juste un exemple : voulant aborder la civilisation islamique, j’ai commencé par aller voir le premier spécialiste vivant du Coran pour qu’il me conseille une traduction fiable vu que les choses évoluent et que j’en étais resté au bon vieux Blachère. Chaque fois qu’un mec me fait chier avec le Coran, je lui demande ses sources.. Vous pouvez me croire, la traduction de Madame Masson est rarement en première position.

Si j’ai fait ça, c’est parce que je m’étais aperçu que le multiculturalisme est un immense pipeau. En novlangue, ça désigne uniquement la teinture qu’ont de l’Islam les intellos bobos. En fait, une manière d’intégrer l’islam à la culture française. Un biculturalisme. Les plus accros y ajoutent une teinture africaine, toujours tirée des populations qui nous fréquentent, nos anciens colonisés, Africains de l’Ouest et souvent musulmans, ce qui a l’avantage de renforcer la position des multiculturalistes. Les autres peuples, les Africains pas musulmans, tout le monde s’en fout.

Le multiculturalisme, c'est une manière de nous faire avaler un brouet dont nous ne voulons pas. Une sorte de pâtée bien pensante pour nous obliger à respecter des gens pas respectables. Comment ? Tu respectes pas l'islam ? Non. En général, je ne respecte pas les religions, elles dévalorisent l'homme. Et donc on commence par me coller l'islam dans la pâtée culturelle et on refile la boulette dans le multiculturalisme

La culture musulmane est passionnante. Le problème, c’est que la grande majorité des Musulmans est d’une inculture crasse ce qui ne facilite pas l’échange. Que, depuis des siècles, des centaines de penseurs, souvent de haut niveau, aient disséqué leur religion pour mieux la comprendre, ils s’en foutent. Tu me diras, les chrétiens ne savent pas non plus ce qu’est un nestorien. C’est la limite du multiculturalisme : des centaines de gens incultes se balancent des arguments à la con sur des sujets dont ils ne savent rien et dont ils ne veulent rien savoir.

Le bistro a gagné. Le babillage a gagné. Une seule parole redondante, balbutiante, répétitive, vide de tout sens.

On peut toujours partager le vide. Et le multiculturalisme est vide. C'est juste un mot pour virer le cochon des cantines.

On en reparlera.

lundi 18 avril 2016

TIRER SUR L’AMBULANCE


Putain que c’est bon !! Je repense à une planche de Reiser où un boxeur en prenait plein la gueule et qui s’achevait par un quasi-orgasme de Gros Dégueulasse. Que c’est bon !!

C’est un « critique gastro ». Il perd peu à peu tous ses appuis. Et vous savez ce que c’est ? Moins t’es soutenu, plus t’es faible. Quand le mec était au top, tu pouvais rien dire. A l’époque, je bossais dans la collecte d’adresses. J’étais vérifié. « Comment, tu n’as pas vérifié ses adresses ? ». Si, mais elles me plaisent pas. Même si tu bossais pas avec lui, t’avais intérêt à pas le contrarier. Ton rédac’ chef y veillait.

Bien. Un jour,je reçois un coup de biniou d’une copine de l’OT de Soule. IL venait. IL voulait découvrir le patrimoine gastronomique et authentique de la plus belle province du Pays basque (ça, c’est pas lui, c’est moi, la Soule est une merveille). Et la copine m’appelait parce que je devais l‘aider, moi qui avait l’habitude des journalistes de la capitale.

Et donc, je lui ai conseillé de l’emmener chez Battitou Etchebarne. Au pied d’Ahusky, l’auberge de Battitou était la Mecque des gras doubles à la basquaise dont Battitou était l’ayatollah respecté et reconnu. Je l’avais interviewé et il m’avait expliqué, avec sa faconde, que les gras doubles à la basquaise étaient supérieurs aux tripes normandes par la longueur de leur préparation ou par le nombre d’aromates mobilisés. Il était intarissable et j’ai oublié l’essentiel.

J’avais un produit authentique, un vrai spécialiste, un discours cohérent : pour moi c‘était gagné.

Sauf que j’étais encore trop jeune. Quand le chantre de l’authentique est arrivé chez Battitou, le cuisinier revenait de l’abattoir et s’était mis en devoir de nettoyer les tripes. Et donc le gastronome de la France profonde a eu l’obligation de pénétrer avec ses pompes bien cirées dans une salle qui sentait … la merde !!! Et ce fut le scandale. Il devait attendre plus de décorum, une invitation autre. L’OT de Soule s’en souvient encore. Moi aussi car l’engueulade descendit en cascade et j’en eus ma part.

Première leçon : l’authentique ne l’est que s’il ne l’est pas. Tout ce qui fait la cuisine traditionnelle authentique, le sang, le gras, la merde, doit être occulté.

Deuxième leçon : une adresse n’est bonne que si elle génère du chiffre. Un plouc dans la montagne n’a aucun intérêt.

C’était jadis. Battitou a presque fermé. L’auberge est ouverte deux jours par semaine. Et j’ai cru exploser le jour où j’ai vu dans un restaurant basque près du métro Dupleix : le mardi gras-double de Battitou. Il doit continuer à nettoyer ses tripes pour le bonheur de tous. L’opinion d’un gandin parisien, un GP, il s‘en fout.

Tout le monde s’en fout, en fait. A part un mini-microcosme composé de son éditeur, de son imprimeur et de sa secrétaire. L’écume des mots semble s’évanouir. Sauf qu’un ou une autre viendra reprendre le discours du pseudo authentique, viendra expliquer ce qu’il ne sait pas à ceux qui en savent encore moins mais qui sont si nombreux (les ignorants sont majoritaires) qu’ils forment un marché.

CP disparaît mais le ventre est fécond. Je vous rassure : il sera remplacé.

Battitou, ce sera plus difficile.

samedi 16 avril 2016

POLICE ET DROITS DE L’HOMME


Revenons aux textes. Déclaration des Droits de l’Homme, article 7 :

Tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant. Il se rend coupable par la résistance.

Voilà qui est clair. Pas la peine de sodomiser les diptères : si un policier t’interpelle et que tu te dérobes, tu es coupable.

Il faudrait le rappeler plus souvent. Par exemple aux parents du môme tabassé par les policiers auxquels il venait de lancer des projectiles : par son attitude de refus de la loi, il devenait coupable. On pourrait le rappeler aussi à tous ceux qui se barrent quand ils sont interpellés, même dans un transformateur. On appelle ça un « délit de fuite » et celui qui commet un délit est un délinquant. Si l’interpellation n’est pas conforme aux droits de l’homme, c’est autre chose, la justice s'en chargera. Et on ne peut pas mélanger les deux ou exciper de l’un pour excuser l’autre. On ferait un mélange fort peu juridique.

Y'en a plein, ils s'imaginent que les confrontations, c'est comme à la télé. Ho ! pépére. En face de toi, t'as un mec équipé, protégé, entraîné. Si tu lui mets un coup, y'a juste une chose dont tu peux être sûr : le gnon qu'il va te retourner, ça sera un gnon de première classe. Si t'en veux pas, tape pas le premier. Ou alors, assume. Prends tes responsabilités.

Moi, j’aimerais simplement que ceux qui s’abritent sans cesse derrière les droits de l’homme (y compris en inventant des droits si ça leur parait utile) reviennent au texte et admettent que la révolte devant la Loi est un délit, parce que défendre un délinquant, c’est le boulot des avocats pas des simples citoyens (sauf au bistro, mais c’est autre chose).

Pas la peine d’aller vérifier le texte et de m’emmerder avec le texte de 48 par rapport au texte de 89. Le texte de 48 n’a aucune valeur juridique vu que c’est le texte de 89 qui forme le préambule de la Constitution française, notre loi fondamentale. Si ça te convient pas, tu peux choisir un député qui changera les choses. Mais si t’aimes les droits de l’homme, faudra faire avec.

Mais les flics n’ont pas tous les droits !!! NON. Mais ils ont tous les droits que tu leur a délégués. En votant. Ils ont tous les droits que tu leur confirmes chaque fois que tu vas pleurer au commissariat parce qu'on t'a piqué ta bagnole ou qu'on a vandalisé ton jardin. N’oublie pas cette vérité : personne, même pas toi, et surtout pas toi, ne peut vénérer une chose et son contraire.

Et les droits de l’homme, c’est pas saucissonnable. Si t’es pour, tu admets l’article 7. Sinon, t’es contre.

Et moi, ce que je crois, c’est que t’es contre.

On en reparlera

vendredi 15 avril 2016

LA MARQUE ET LE TERRITOIRE – AU VOLEUR !!!

Le hic dans le fonctionnement d’Atout-France, c’est l’appropriation des territoires par le biais du nom. Le Ministère des Affaires Etrangères a créé 20 « marques-territoires ». Passons sur le fait que ces « marques » ne sont pas définies : à qui appartiennent-elles ? Tous les spécialistes s’accordent à dire que leur utilisation doit être collective. Sur les aspects juridiques, c’est le flou absolu.

Dans la mesure où il s’agit de promouvoir le territoire, la marque-territoire est une marque commerciale. D’où les premières questions : qui va la déposer ? à qui va t’elle appartenir ? qui va en contrôler l’utilisation ?

La marque choisie est Biarritz-Pays basque. Est elle indissociable ou pas ? Si Mauléon veut faire des affiches avec Mauléon-Pays basque, est ce que Biarritz contrôlera la marque et pourra l’interdire ? Ce point est fondamental et pas seulement pour le tourisme. Il est hors de question que Biarritz contrôle l’utilisation du syntagme Pays basque. En caricaturant, on pourrait imaginer que l’EPCI Pays basque devienne l’EPCI-Biarritz Pays basque !! Il faut que ce point soit formellement éclairci et que la municipalité de Biarritz renonce à tout contrôle sur le second syntagme de la marque, même en cas de désaccord.

Imaginons. L’Aviron Bayonnais remonte en Top 14 et s’y défend valeureusement. Un sponsor s’engage à condition que l’équipe devienne Aviron bayonnais-Pays basque. Peut on l’interdire ? Je pose la question parce que la marque pourrait être un moyen détourné de revenir à une fusion que tout Bayonnais sérieux refuse. Je crois même que cette marque sera utilisée à de telles fins.

Bien entendu les brandeurs officiels vont expliquer que ce sont de fausses questions (un brandeur – avec un D pas un L – est un spécialiste de l’utilisation des marques) et qu’on s’arrangera toujours en jouant collectif. Sauf que jouer collectif quand un joueur a l’atout dans sa manche, ça ne marche pas.

Les oppositions sur les marques à l’INPI sont essentiellement basées sur le « parasitisme » du déposant, i.e. sa volonté d’instaurer la confusion dans l’esprit du public. Parasitisme. On ne saurait mieux dire.

Comme le coucou, Biarritz a déposé ses œufs dans le nid du Pays basque. Désormais, c’est à tout le territoire de se mettre à la disposition du parasite. Les vases communicants sont prêts pour que Biarritz siphonne à son gré la culture basque en fonction de sa politique et de ses besoins. C’est ça qui nous pend au nez. Un vol en bande organisée. Depuis 1994 (c’est la date donnée par Sud-Ouest), la mairie de Biarritz vérifie les horaires de la diligence. L’heure est venue du grand dépouillement. On t’a reconnu Veunac, enlève ton bandana.

Depuis deux/trois jours, des responsables me posent la question : qu’est ce qu’on peut faire ? J’ai envie de leur dire : c’est un peu tard. Mais ce serait faux. L’heure est au sursaut et à la bagarre. Qui passe par des démissions, des coups de gueule et plus si affinités. Je ne ris pas : quand on se fait dépouiller, il faut réagir. S’allier avec le diable ou cogner tout seul. Je verrais bien Bayonne déposer à l’INPI la marque Bayonne-Pays basque, histoire de filer un coup dans la fourmilière. De les obliger à sortir du bois. Tiens, je pense à la gueule de MAM si Saint-Jean-de-Luz se trouve interdit de marque basque !! Avec Chantaco inclut dans une offre golf Biarritz-Pays basque !!! Ça, elle y aura droit, la blonde.

Le moment est parfaitement choisi. Tous les élus basques sont penchés sur le berceau de l’EPCI. On peut donc leur faire les poches sans douleur, personne ne réagira. Quand ils se congratuleront d’avoir un EPCI Pays basque, ils auront perdu le Pays basque. Du grand art !!!

A mes amis responsables politiques, je n’ai qu’une chose à dire : quand on ne bouge pas, c’est qu’on est d’accord. Vous allez entendre tous les lénifiants propos qu’on prodigue dans ces cas. Ne vous inquiétez pas. Ça se passera bien. Pensez à Voltaire qui disait du pal que c’était un supplice qui commençait fort bien et finissait fort mal. Ça se passe toujours bien au début. Quand ça fait mal, c’est trop tard.

Et vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas.




mercredi 13 avril 2016

LA MARQUE ET LE TERRITOIRE

Alors, là, j’en reviens pas. Mon quotidien consacre une double page à mes deux sujets favoris : le tourisme et le territoire. Deux sujets auxquels j’ai consacré trente ans de ma vie et pas mal de travaux.

Je suis pas déçu : cette double page est un ramassis de poncifs pseudo-modernes, d’à-peu-près et de stupidités endoxales, sous couvert d’interviews pontifiantes des communicants impliqués.

Posons le problème : Atout-France, ramassis de sciencepotards chargés de faire la promotion de notre pays a choisi pour chez moi la marque Biarritz Pays basque, comme « marque-ombrelle » pour attirer, chez moi (j’y insiste) les flux touristiques du monde entier. Ce que décide Atout-France, tout le monde s’en fout. Quoiqu’ils fassent, la France est et restera la première destination touristique du monde. On peut avoir un gouvernement qui déconne, des terroristes qui terrorisent et des serveurs qui crachent à la gueule du client, c’est comme ça. Le monde entier veut venir en France. Donc, Atout-France n’est pas un argument.

Il faut donc que l’inutile promotion passe par une marque (ombrelle mais le mot est tellement con…) et les sciencepotards d’Atout-France ont décrété que seule la marque Biarritz avait un pouvoir fédérateur !! C’est logique : le choix a été fait depuis Paris par des gens qui ne savent rien du territoire Pays basque.

Toutes les études montrent que le tourisme en Europe sera, dans les années qui viennent, un tourisme patrimonial et culturel. D’ailleurs le communicant en chef l’exprime : la destination doit avoir un totem, le plus souvent architectural. Après avoir évoqué le Guggenheim et la Tour Eiffel, les connaisseurs autoproclamés arrêtent leur choix « totémique » sur l’Hôtel du Palais, pastiche Second Empire d’un bâtiment Renaissance. Alors qu’à côté, là où il y a un vrai patrimoine, à Bayonne, ils avaient le choix entre un château médiéval, celui du Prince Noir et une cathédrale gothique inscrite au Patrimoine de l’Unesco. On ne joue pas dans la même catégorie !!

Il est vrai que culturellement et patrimonialement, Biarritz est d’une immense vacuité, un simple discours mis en scène par des édiles sympathiques et arrogants. Je vais vous raconter, depuis le début : quand Napoléon III arrive s’installer à Biarritz, c’est un minable village et l’Empereur est persuadé que, comme le lui a dit Jules Labat, Biarritz est « un quartier excentré de Bayonne ». Napoléon a amené avec lui son cartographe privé qui va lever les plans dont auront besoin les architectes. Bien entendu, c’est un Bayonnais, mon trisaïeul. Les Bayonnais sont légion autour de l’Empereur : ses banquiers, Pereire et Henriques, son confesseur, Lacroix de Ravignan, son violoniste Delphin Alard,. La cour va faire ses achats à Bayonne où se trouvent pâtissiers et chocolatiers. Biarritz fournit les cochers et les chambrières.

La fiction de Biarritz ville impériale va naître après la guerre de 14-18 quand la bourgeoisie parisienne s’emparera des débris du Second Empire pour se mettre en valeur. Relire Irène Némirowsky.

Mais le patrimoine reste à Bayonne, tout comme la vie culturelle autour du Conservatoire et de l’Ecole de Dessin. C’est à Bayonne que se rendent les quelques Biarrots désireux d’acquérir des bases culturelles.

Nous sommes au cœur de la problématique des territoires qui ne sont pas des morceaux de sol analysés hors sol, mais de complexes entrelacs de données géologiques, de relations humaines et d’informations historiques. Enlever du territoire cette dimension humaine diachronique, c’est le vider de son sens. C’est le nier.

Les communicants des maires de Biarritz assènent le dernier argument, le plus récent et le plus stupide. Il parait que Biarritz viendrait spontanément sous les doigts des pianotants internautes. Sur quelle base ? Qu’en dit Gougle ? Les fêtes de Bayonne attirent chaque année plus d’un million de personnes, les Chinois se goinfrent de jambon de Bayonne et Bayonne serait une occurrence inférieure à Biarritz ? De qui se moque t’on ? Est-ce que quelqu’un a fait une recherche sérieuse ? Je suis prêt à parier que Bayonne arrive avant Biarritz dans les recherches sur Internet.

Ce qui me désole, c’est qu’on va coller le syntagme Pays basque à Biarritz alors même que les plus effrénés des indépendantistes s’évertuent depuis des années à faire de Bayonne la capitale du Pays basque. On va mettre mes copains souletins sous le bonnet des bobos surfeurs.

Ce qui me désole, c’est que le processus est en marche depuis vingt ans et qu’aucun des responsables de l’OT de Bayonne n’ait vu venir le coup. Ho ! les mecs ! on vous dépouille et vous fermez vos gueules ? Où êtes vous, Lauquet, Cazaban, Arandia ? Votre silence me vrille les tympans !!

En plus le con-municant en chef expose avec componction que le territoire est le dernier avatar de la mondialisation. Ben non. Le territoire est au cœur de la réflexion géographique depuis des siècles, celle qui se construit sur les bassins versants et les données géologiques, mais aussi sur les rapports commerciaux et les stratégies matrimoniales. On est loin du sens de la synthèse des sciencepotards qui éliminent ce qui les gêne et ce qu’ils ignorent.

On va voir. Moi j’attends que le maire et la députée, main dans la main, aillent voir Atout France pour lui dire que leur marque, on va la refuser. Que leur ombrelle, ils peuvent la replier. A Biarritz, on déploie des ombrelles, à Bayonne et au Pays basque on ouvre des parapluies.

J’engage tous ceux qui approuvent ce texte à m’écrire. Il faut remettre l’histoire au cœur de notre tourisme. Le balnéaire, c’est du sable et on ne construit pas sur le sable.

On en reparlera...


jeudi 10 mars 2016

TROC PARTICIPATIF

On n’y coupe plus. La marée monte. L’activité contemporaine doit être « participative » ou « collaborative ». C’est quoi ? Faisons la courte : c’est un moyen de faire des économies en baisant la collectivité.

Quoi ? Qu’est ce ? Encore un vieux con qui ne comprend rien au monde moderne. Ben voyons !! Le vieux con, il a regardé les jobs collaboratifs et participatifs et il les a classés en deux catégories :

1/ le travail au black

2/le retour du troc

Tu prends un taxi. Le mec, il a une plaque, une licence, il a passé un exam (payant), lui et sa voiture sont contrôlés. Ouais, mais Hubert c’est moins cher. Evidemment. Le chauffeur d’Hubert, il est autoproclamé, il a pas payé son exam ou sa plaque, il est le plus souvent auto-entrepreneur et donc, il paye pas les mêmes charges qu’un artisan. Quand tu prends Hubert, tu payes moins cher parce que tu te sers sur les rentrées de l’Etat. Tes économies, c’est moi qui vais les payer. Moi et tous les autres cochons de payants. Parce que je rêve pas : tu vas pas cesser de te soigner et soigner tes mômes, tu vas pas renoncer à tous ces services de l’Etat qui te font la vie plus facile. Non, tu veux le beurre et l’argent du beurre, payer moins cher ET bénéficier de la Sécu. OK, c’est pas vraiment du black.Encore que quand tu baises l'Etat...

T’as besoin de déménager. Sur le net, tu trouves des déménageurs participatifs. Si, si ça existe, c’est moins cher. Là, c’est du black complet.

Tu loues ton appart par RBINBI. Tu vas le déclarer ? Bof, pour une fois.. Et si c’est un échange, je suis sûr que tu déclareras pas plus.

Suffit de faire le tour de l’économie numérique, d’aller voir tous ces sites où on te propose un mec pour faire ton jardin et que toi, tu fasses son courrier. C’est du troc, ni plus ni moins. Des ruses pour gruger l’Etat.

Attention : j’en ai rien à foutre. Ce qui me gonfle, c’est de voir des trucs anciens repeints avec du vocabulaire moderne et qu’à cause du vocabulaire, ces vieux trucs semblent neufs. Comme l’autre rital avec Meetic. Un inventeur !! un moderne !!! Tu parles !! Simoncini, c’est rien de plus que Madame Desachy, une agence matrimoniale qui file des coordonnées de gonzesses à des mecs en mal d’amour (et vice-versa). Certes, l’instrument est moderne, mais l’activité est bien vieille. Les sites de vente, c’est Manufrance (en moins bien), ni plus ni moins vu que l’e-business, c’est jamais que de la VPC. Et le participatif, c'est du troc. J'avoue, c'est moins chic.

Mais avec le côté déterritorialisé qui fait que tu niques plus facilement le contrôleur qui a du mal à contrôler les ventes d’un site installé en Patagonie au profit d’une société immatriculée aux Bahamas. Parce que faut pas croire, y’a pas que les gros qui cassent la transparence.

Tout ça, le participatif, le collaboratif et le numérique en général, c’est rien que de la poudre aux yeux. Ça crée moins d’emplois que ça n’en détruit ça produit moins de richesse qu’on peut le croire.

La seule question qui vaille est : quand verra t-on que le roi est nu ? Que la seule différence est la rapidité ? Les lettres, ça va plus vite que quand on allait à la poste. Et alors ? J’ai préparé (plutôt pas mal) et réalisé quelques dizaines de voyages dans le monde entier avec des lettres « spécial avion » et un téléphone fixe. C’était pas très compliqué à la seule condition d’avoir des partenaires fiables et de prendre le temps nécessaire. A la condition de déguster le voyage comme on déguste un grand vin ou un plat longuement préparé.

On en reparlera pas.

PS ; c'est pas d'hier..Rendons hommage à Jacques Maillot qui vendait dès les années 1970 des "voyages autogérés". Tu enlevais l'accompagnateur ou le guide et donc tu diminuais les coûts pour vendre plus cher vu qu'il y avait moins de contraintes. C'est beau le pouvoir des mots.

jeudi 3 mars 2016

MAL TOURNÉ

Dans la grande famille des conneries qui tournent en boucle dans toutes les télés, en ce moment, y’a celle là :

La jeune policière qui a été flinguée par des malfrats récidivistes a été victime d’un braquage « qui a mal tourné ».

C’est un tic de langage commun à tous ceux qui font profession de langage mais ne réfléchissent pas à ce qu’ils disent.

Car, enfin, bordel, c’est quoi un braquage qui a « bien tourné » ? Un braquage où il n’y a que des blessés ? Un braquage où les mecs se tirent avec le butin ? Moi, faut m’expliquer, je suis un peu demeuré.

Une opération qui a « mal tourné », c’est une opération qui a déçu les espoirs mis en elle. Les espoirs mis pas qui ? Par les hors-la-loi ? Cette expression signifie t’elle que les journalistes approuvent les braquages qui ont bien tourné ? A priori oui.

Ouah, me dit un copain, tu vois bien ce que ça veut dire !!

Non. D’abord quand on me parle, je ne « vois » pas, j’entends. Ensuite, je sais ce que disent les mots. Et là, l’expression « braquage qui a mal tourné », elle sonne comme une approbation. Voilà des braves mecs qui étaient partis pour un tranquille braquage où tout devait bien se passer, « bien tourner »et, pas de bol voilà que leur chemin croise celui de la police. La responsabilité des mecs est gommée. C’est la faute à pas de bol. Ou plutôt, dans ce cas précis, à la chkoumoun. Conservons la multiculturalité.

C’est à force de glissements de ce type que la société se délite. La responsabilité est atténuée, puis gommée alors qu’elle est à la base de la dignité de l’Homme. On finit par vivre dans un monde d’irresponsables non pénalisables. Pas de bol pour le môme qui agresse son prof, pas de bol pour le dealer qui a pas eu la chance d'avoir une famille qui l'aurait protégé. Le catalogue des excuses est sans fin.

Attention !!! ça ne va que dans un sens. Un braqueur qui tue un flic n’a pas eu de chance. Un flic qui tue un manifestant est un salopard.

Bon, on en reparlera…ou pas