mardi 2 septembre 2014

LA ROUTE DE LA SOIE

Ça n’existe pas. C’est juste un mot. Inventé par Ferdinand von Richthofen, géographe allemand et, accessoirement, oncle de Manfred von Richthofen, le fameux Baron rouge. Juste une manière de décrire succinctement les siècles d’échanges entre l’Est et l’Ouest de ce qu’on appelait jadis l’Eurasie.

Parce qu’au cas où vous l’auriez oublié, on peut aller en train de Lisbonne à Pékin. Parce qu’au cas où vous l’auriez oublié, il y a juste un pays d’écart entre la Finlande et la Chine. Ben oui. Tu quittes Helsinki, tu entres en Russie. Tu sors de Russie, tu es en Chine. Si c’est pas un ensemble cohérent qu’est ce que c’est ?

Et donc, depuis des siècles et des siècles, des gens parcourent cet ensemble cohérent en échangeant des marchandises et des idées. Des gens communiquent, partagent, facilement, sans avoir besoin de rien d’autre que leurs pieds. Depuis des siècles et des siècles, s’est construit en ensemble culturel mais aussi économique, entre voisins.

Et donc, voici une dizaine d’années, le gouvernement chinois a remis à l’honneur ce concept de Route de la Soie. Concept parce qu’il n’y en avait pas qu’une. Les échanges passaient par l’Asie centrale, c’est évident. Mais aussi par le Sud, par la mer. L’art grec arrive au Xinjiang chinois via l’Afghanistan. A Tourfan, à Dunhuang, les peintures bouddhistes sont influencées par l’art grec. C’est ce que les spécialistes appellent l’art gréco-bouddhique du Gandhara.

Le message était clair : nous vivons ensemble et nous n’avons pas intérêt à l’oublier. Certes, la Route de la Soie semble être aujourd’hui un titre pour brochure touristique. Mais justement. Passons derrière le miroir pour retrouver la réalité des choses.

Ce qu’il y a d’emmerdant pour certains, c’est que l’Eurasie pèse lourd : 54 millions de kilomètres carrés, (un bon tiers des terres émergées) près de 5 milliards d’habitants, des ressources géologiques énormes, une fantastique variété de climats et de pratiques agricoles.

En remettant l’Eurasie au premier plan, la Chine nous faisait un signe. Mais comme toujours, nos politiciens ne l’ont pas vu. Depuis Giscard et JJSS, ils sont obsédés par le modèle américain (http://rchabaud.blogspot.fr/2014/01/le-defi-americain.html). Au point que Sarko-les-talonettes allait passer ses vacances aux States. Et le mec se dit gaulliste ! On rêve. Pour nos énarques, l’Est de l’Eurasie, c’est la terre des Rouges, des fils de Marx au couteau entre les dents. En 89, l’Occident avait eu la peau du Traité de Varsovie et s’était persuadé que le marxisme n’existait plus. Ce qui est aussi con que de dire que le cartésianisme n’existe plus. Une théorie est toujours disjointe de ses applications.

Et donc, tout semblait d’une limpide clarté. L’Occident tellement intelligent parce que capitaliste avait eu la peau du communisme au point que même la Chine faisait du capitalisme. Et la Russie allait payer dans un splendide isolement toutes ces années de trouille que l’URSS nous avait infligé.

Nous (l’UE, l’Europe) avons donc tourné le dos à la Chine pour regarder à l’Ouest. C’est très con : vaut mieux regarder le soleil qui nait que le soleil qui meurt. Nous avons aussi tourné le dos à la Russie, encouragés par les anciens pays communistes qu’on avait fait entrer à flots dans notre système. Au premier rang desquels la Pologne dont on sait pourtant que toute son Histoire ne nous a apporté que des emmerdements. Les Polonais, ils ont donné l’exemple: dès qu’on les a fait entrer en Europe, pour nous remercier, ils ont acheté des avions américains, pas des Rafales. T’imagines la fiabilité de l’alliance avec des trous du cul de cette envergure ?

On a sacrément daubé sur l’avenir de la Russie, sur les oligarques qui achetaient des clubs de foot et dépensaient leurs roubles à Megève, à croire qu’il n’y avait que deux sortes de Russes : les riches mafieux et les pauvres bourrés. Et donc, on a aussi tourné le dos aux Russes.

Quand t’es tout seul, tu cherches des amis. Moscou a vu Pékin lui faire de l’œil. D’autant que, malgré les apparences et les différences souvent anecdotiques, Russes et Chinois ont déjà bossé ensemble. OK, c’était aux temps du Komintern et le costaud, c’était Moscou. Chaque pays a fait un peu de chemin vers l’autre et ils ont fini par faire Front Uni. Privé de Traité de Varsovie, Moscou s’est glissé dans l’Organisation de Coopération de Shanghai. Cahin-caha, chaque pays a trouvé ses marques. Entre marxistes, c’était plus facile. Poutine, marxiste ? Quand tu fais la carrière qu’il a faite, t’es obligé de connaître Marx. Alors, oui, Poutine a un versant marxiste, bien utile pour parler avec la Chine.

Doucement, à bas bruit, s’est tissée une alliance. Une alliance entre voisins. Dame ! ils ont plus de 4000 kilomètres de frontière commune, six fois plus que nous avec l’Espagne. Nous, engoncés dans notre mépris et nos certitudes, nous n’avons rien vu venir. Et aujourd’hui, ça nous pète à la figure. L’Europe prend des « sanctions » contre la Russie (je mets des guillemets parce que le mot pue le petit prof et le moralisateur de bidet) et la Russie nous fait un bras d’honneur. Tu m’emmerdes sur le gaz ? Pas grave. Aujourd’hui, le protocole pour la construction d’un gazoduc vers la Chine a été signé. Poutine annonce tranquillement que les sociétés européennes auront du mal à se réinstaller en Russie. Forcément : la Chine va prendre la place. D’ailleurs, cette semaine, Goldwind (entreprise chinoise) annonce installer ses premières éoliennes en Russie. Comme dit Cohn-Bendit : l’écologie apporte de la croissance. Certes, mais à qui ?

Je ne peux pas croire que nos gouvernants n’aient rien vu. Si moi, je peux voir se tisser de nouvelles alliances, un énarque, mieux informé que moi, doit le voir aussi. D’autant qu’on peut tout reprocher aux Chinois, sauf leur incommensurable franchise. Voilà quarante ans qu’ils disent et proclament qu’ils construisent le socialisme à la chinoise. Le mot important, c’est « socialisme ». Voilà quarante ans qu’ils disent et proclament que l’Eurasie a un avenir et que les mers séparent quand les terres rapprochent. Ils savent qu’on ne peut pas laisser seule une puissance comme la Russie parce que c’est ouvrir la porte à tous les débordements.

La boîte à conneries est ouverte. Le Président allemand affirme que la Russie a rompu de facto tout partenariat avec l’Europe alors que c’est exactement le contraire. L’Europe a refusé tout partenariat équitable avec la Russie qu’elle ne voyait que comme un marché, oubliant tout ce qui, depuis des siècles, a fait la grandeur de ce pays. L’Europe se réjouissait de voir la Russie à genoux. Surprise ! Elle se relève.

La Russie nous dit que le monde nouveau ne se fera pas sans elle. C’est aussi le discours chinois. Nous sommes là et nous comptons. Faire du fric, on sait. Aussi bien que vous et on le prouve chaque jour. Mais ce n’est pas l’essentiel.

Comment ? disent les Occidentaux. Qu’y a t-il de mieux que de faire du fric ? Ben, entretenir des relations de bon voisinage, par exemple. Ce que les Américains ne savent pas faire. Un proverbe mexicain l’affirme : Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis. Pour les USA, un voisin est un quasi-ennemi.

Nous vivons aussi le retour de la géographie, cette maudite chose aux yeux des politiques. La géographie qui nous oblige à regarder autour de nous pour voir où et avec qui nous vivons afin de savoir comment nous pouvons vivre.

Ça s’appelle l’Humanité.

On en reparlera…

dimanche 31 août 2014

SI LES RICAINS….

C’est Sardou qui bêle : « Si les Ricains étaient pas là, vous seriez tous en Germanie…. ». Et le troupeau approuve. Même si les faits prouvent le contraire.

Justement, revenons aux faits.

Juin 1941. L’Allemagne nazie envahit la Russie communiste. Russie communiste alliée avec la France et où se bat l’escadrille Normandie-Niemen. Que font les USA ? Rien. Le plus puissant groupe de presse américain, le groupe Hearst plaide ouvertement pour la neutralité. L’Allemagne nazie n’est pas considérée comme un adversaire mais comme un allié pour lutter contre le communisme. Roosevelt hésite. Il accepte de livrer des armes mais il demande que les livraisons soient gagées sur le stock d’or soviétique. Rien n’est gratuit.

Il faudra attendre le mois de décembre 1941 et l’attaque de Pearl Harbor pour que les USA se décident. Encore se positionnent-ils sur le front asiatique. En Europe, le conflit entre Allemagne et Russie les arrange plutôt. D’ailleurs, ils ne déclarent pas la guerre à l’Allemagne. Au contraire, ce sont l’Allemagne et l’Italie, liés au Japon, qui déclarent la guerre aux USA.

En 1942, l’essentiel de l’effort de guerre en Europe est supporté par la Russie communiste : les deux tiers de l’armée allemande se battent en Russie. Si les Ricains n’étaient pas là… Mais ils ne sont pas là !!! Cependant, pour montrer leur bonne volonté, ils débarquent en Afrique du Nord.

En 1943, changement de musique. En janvier, l’Armée Rouge gagne à Stalingrad et entame sa marche vers l’Ouest. Les Ricains sont toujours en Tunisie. Et là, le risque apparaît. Clairement. Si l’Europe est libérée par la Russie, elle basculera dans le camp communiste. Impensable. S’engage alors une course de vitesse. C’est à qui libérera le plus de territoires. Le problème des USA n’est pas l’ennemi Hitler mais l’allié Staline. Quand les Ricains débarquent enfin, Staline est à Varsovie, à une portée d’arbalète de Berlin.

Et donc, cher Michel Sardou, si les Ricains n’étaient pas là, nous serions malgré tout en France. Vraisemblablement en France communiste, mais est-ce si important ? Pour vous peut-être.

Pensons à un fait amusant. De Gaulle n’est pas à Yalta. Les Ricains n’en veulent pas à cause des mouvements de résistance français où les communistes jouent un rôle prépondérant. On doit le répéter. Début 1945, le problème de Roosevelt, c’est le communisme, pas le nazisme.

Dès la victoire acquise, la communication américaine se met en place. Là se trouve la vraie victoire américaine. Il va falloir prouver au « monde libre » qu’il n’est libre que grâce aux USA. Et ça dure depuis soixante ans. Au point que certains se sont étonnés que Hollande ait invité Poutine à la commémoration du Débarquement. C’était la moindre des choses. Sans Stalingrad, les Ricains ne débarquaient pas.

Depuis soixante ans, on nous le ressert : en Corée, au Viêt-Nam, en Irak, les Américains défendent nos libertés. Personne ne veut voir que les Ricains défendent surtout leurs marchés, leurs finances, leur influence et leurs libertés. La liberté d’accumuler de l’argent aux dépens des acquits sociaux, la liberté d’implanter leurs entreprises sans contraintes et surtout pas les contraintes écologiques. La liberté de drainer les ressources du monde au profit des USA. Certains ont même accepté l’idée qu’au Chili, Pinochet était un meilleur défenseur des libertés qu’Allende.

Aujourd’hui, ça continue. Poutine menace nos libertés quand il défend les siennes. Sur la Chine, c’est un peu différent. Les entreprises américaines en ont trop besoin. Donc, on infléchit. Ce ne sont pas nos libertés que la Chine menace mais les libertés du peuple chinois. C’est un peu tiré par les cheveux, mais ça fonctionne. Toute la presse est au travail pour ça. On en a déjà parlé….

On en reparlera…




samedi 30 août 2014

BRUITS DE BOTTES

Ben voilà…Suffit que je m’absente quelques jours et Poutine se précipite pour me donner raison sans même me prévenir. Bien la peine que j’en dise du bien (http://rchabaud.blogspot.fr/2014/03/jaime-poutine.html)

T’as vu Obama comment qu’il se met en colère sur l’Ukraine ? Pas que lui. Hollande aussi, il se met en colère. Façon Hollande, ça va pas trop loin. C’est que la situation évolue. Je vous fais le résumé. Le plus court possible. C’est un résumé.

Voilà quelques années que les BRICS accumulent l’or. D’autant plus facile que dans les BRICS, y’a l’Afrique du Sud et la Russie qui sont de gros producteurs. Ça, vous le savez (http://rchabaud.blogspot.fr/2013/12/il-est-lor.html). L’Occident se marre. C’est bien des habitudes de pauvres : acheter de l’or plutôt que des actions Facebook, faut vraiment être naze….

Et puis début juillet, voilà que les anciens pauvres décident de créer un organisme financier destiné à compléter l’action du FMI. C’est comme ça que c’est présenté. Il s’agit pas de remplacer le FMI (qu’est ce qu’on ferait de Christine Lagarde ? Personne n'en veut), juste de le compléter, de prêter aux vrais pauvres que le FMI peut pas aider pour cause d’insolvabilité organisée par le FMI lui-même. Les journalistes occidentaux se marrent : le nouveau Fonds, il a sept fois moins de fric que le FMI ! Un nain ! En dollars, c’est certain.Mais que vaut le dollar ?

Et puis fin juillet, voilà que la Russie et la Chine arrivent à élargir l’OCS, qu’est un organisme dont aucun d’entre vous n’a jamais entendu parler. Moi, bon prince, je vous informe (http://rchabaud.blogspot.fr/2014/08/shanghai-et-la-cooperation.html)

Content de moi, je vais me faire grattouiller par les méduses en Méditerranée et pendant ce temps mon copain Poutine décide que à partir de dorénavant et jusques à désormais, il n’acceptera plus de dollars en paiement de son pétrole et de son gaz. Et pour bien le prouver, il signe un bel accord avec Xi Jinping, comme quoi le yuan et le rouble serviront à payer leurs hydrocarbures respectifs. Poutine, il ajoute même qu’on peut payer en or.

Mine de rien, c’est plus qu’une bombe…Jusque là, pour acheter du pétrole, fallait d’abord acheter des dollars. Des bouts de papier vendus au prix fort par les Ricains. Plus la peine disent d’une même voix Russes et Chinois. Vous pouvez payer avec les sous que vous imprimez vous-même. Pauvre Obama ! Ça va faire un sacré trou dans son budget. Et c’est bien là le problème. Si on n’a plus besoin d’acheter des dollars pour acheter du gaz ou du pétrole,, ça sert à rien qu’il en imprime autant. Le dollar est au bord du gouffre. Nous aussi, tu vas me dire, vu que si le dollar plonge, l’euro va devenir hors de prix. C’est ce que vont nous expliquer tous les économistes médiatiques. En fait, c’est faux. L’euro sera à sa vraie valeur face au yuan ou au rand. C’est sa valeur face au dollar qui posera problème mais à la seule condition que le dollar reste une monnaie de référence.

Or, la vraie question est là : le dollar est-il toujours une monnaie de référence ? De moins en moins et seulement pour ceux qui le désirent. Ce que disent les grandes manœuvres en cours est clair : choisis ton camp. Or, les banquiers ne veulent pas quitter le camp du dollar. D’abord, parce que ça détruirait de façon drastique de la valeur. Si tes avoirs sont en dollars, une baisse du dollar réduit tes avoirs. Ensuite parce que ça compliquerait le jeu. Par exemple, toutes les transactions internationales sont basées sur le système IBAN dont le dollar est la référence. Une baisse du dollar va faire voler en éclats ce beau système dont les banquiers sont si fiers.

Et puis, me disent mes copains banquiers, les Chinois ont tellement de dollars dans leurs caisses qu’ils vont pas s’appauvrir volontairement. C’est bien un raisonnement de banquier. C’est clair que le dollar va pas exploser en vol. Mais tout est en place pour qu’il s’affaiblisse, lentement mais surement. Russie et Chine peuvent avaler une baisse programmée. Perdre un peu d’argent chaque année. Pour un banquier, perdre un peu, c’est déjà trop. Pour un gouvernement, il en va autrement. Surtout s’il a prévu le coup. Surtout s’il a accumulé des réserves en matières premières. Surtout s’il a signé des accords pour accompagner cette perte. Mais les banquiers (et les gouvernements occidentaux) ne peuvent pas imaginer un seul instant que le politique prime sur l’économique.

Elle est là, la vraie révolution. Le politique reprend le pouvoir. Les BRICS sont en train d ‘effacer trente ans de reagano-thatcherisme. Pour l’instant, on n’entend que des cris d’orfraie. Cris qui cachent les bruits de bottes. Car Obama n’a pas le choix. Pour défendre le dollar, il ne lui reste que les missiles. Ira t-il jusque là ?

Parce que s’il compte sur Facebook, il a du souci à se faire….

On en reparlera….


jeudi 7 août 2014

SHANGHAI ET LA COOPÉRATION

C’est un sigle que tout le monde ignore : l’OCS. L’Organisation de Coopération de Shanghai. Et l’OCS vient de faire un joli coup. Merci, Jean, de m’avoir informé.

L’OCS, c’est une sorte d’OTAN eurasiatique, une organisation de défense commune qui regroupait la Chine, l’URSS, le Kazakhstan, le Tadjikistan, l’Ouzbekistan et le Kirghizistan. Les médias français s’en foutent : ils voient ça comme une tentative des Russes et des Chinois de coopérer avec des Etats de montagnards nomades et bien folkloriques. C’est toujours le même mépris : quel intérêt ont ces Kirghizes ?

Mais voilà, les temps changent et le monde bouge. L’OCS vient d’admettre, après plusieurs années de discussion, de nouveaux membres : l’Inde, l’Iran, le Pakistan et la Mongolie. C’est pas rien… Voilà que l’Iran se trouve désormais dans une structure militaire internationale avec la Chine et la Russie.. Ça arrange pas vraiment les affaires d’Obama.

Voilà que l’Inde et le Pakistan se trouvent officiellement alliés. Bravo à tous les commentateurs qui glosent à longueur de pages sur le fossé qui sépare ces deux pays.

Voilà que la Chine et l’Inde appartiennent à la même structure de défense. Bravo à tous les journalistes qui nous abreuvent de reportages sur leur inimitié irréductible.

Année après année, les dirigeants asiatiques s’aperçoivent que Washington est un faux ami. Qu’ils sont utilisés dans un projet d’hégémonie mondiale qui ne profite qu’aux USA. Qu’on les joue les uns contre les autres et que ça ne va pas fonctionner éternellement. Alors l’OCS leur tend les bras.

L’OCS, officiellement, doit permettre de lutter contre les trois maux qui menacent l’Asie orientale : le séparatisme, l’intégrisme et le terrorisme. L’Organisation a d’ailleurs des bureaux à Tachkent uniquement dédiés à la lutte anti-terroriste. Les pays asiatiques savent bien que ces trois maux plongent leurs racines profondes dans la politique coloniale ou néo-coloniale des Anglo-Saxons. Logiquement, ils disent Stop. Et ils sortent de l’orbite de Washington qui vient de prendre, en moins d’un mois, deux claques, l’une financière (voir ici), l’autre diplomatico-militaire.

La difficulté pour Obama tient à son impossibilité de réaction. Les buts de l’OCS vont dans le sens de ses déclarations. Ceux de la nouvelle banque des pays émergents, aussi. Le ton est neutre, feutré, tranquille. En face d’Obama, les deux pays les plus peuplés du monde, deux économies puissantes dont il ne peut pas se passer. Des pays forts, qu’il a cru berner avec des mots et qui, aujourd’hui, posent le réel sur la table.

Pour survivre, il ne lui reste que le Traité transatlantique. Les USA vont donc s’y accrocher, faire le forcing. Je pense que l’Europe va céder. Alors même que c’est maintenant qu’ils sont demandeurs qu’il faut leur tordre le bras. Les négociateurs européens peuvent demander ce qu’ils veulent, les Américains céderont. Ils ne peuvent pas s’offrir le luxe d’être isolés. Mais ça, on l’avait déjà dit il y a plus d’un an.

Il ne faut pas s’imaginer que tout ceci n’est que militaire. L’OCS est un traité d’alliance entre pays méprisés (ou qui se sentent méprisés, c’est la même chose) qui ont décidé de redresser la tête. Sans surprises, la Russie fait un test sur les matières alimentaires. Sans surprises, les commentateurs affirment que la Russie s’isole, alors que c’est exactement le contraire. Regardez donc une carte. Avec l’Iran, l’étau se resserre autour des pays caucasiens et des régions caucasiennes de Russie, là où précisément les trois maux (séparatisme, intégrisme, terrorisme) posent le plus de problèmes à Poutine.. Et je ne serais pas surpris que, dans les tuyaux, il n’y ait pas une sorte d’OMC-bis, destinée à rééquilibrer des échanges Nord-Sud de plus en plus inégaux.

La seule chose qu’on ne peut pas imaginer, c’est que les USA cèdent. Ils n’ont rien compris car personne n’a envie de voir que les époques de grandeur sont derrière. Nous les suivrons dans cette descente aux enfers. Par manque de clairvoyance, essentiellement. Nous avons refusé toute aide à la Russie, alors que De Gaulle plaidait pour une Europe de l’Atlantique à l’Oural. Il fallait lui faire payer ces années de guerre froide où elle nous avait fait si peur. La Chine a tendu la main et la Russie s’en est saisie.

Tout ceci est le résultat d’années de propagande. De Gaulle savait ce que l’Europe devait à la Russie pour la victoire de 1945. Il savait ce que signifiaient une alliance avec la Russie et une alliance avec les USA. Il savait où était l’intérêt de la France. La propagande étatsunienne nous a aveuglés. Il faudra y revenir.

Dans les coulisses, les « petits pays » préparent la facture de toutes ces années d’erreurs.

Et la note va être salée.

On en rearlera…

mercredi 6 août 2014

LES DISSIDENTS

Le texte précédent m’a valu quelques réactions indignées… Il faut donc que je m’en explique…

Les dissidents, je connais.. Ils ont des ancêtres. Nous, on appelait ça les « réfus ». C’est une abréviation pour « réfugiés »…Chez moi, c’était majoritairement des Républicains espagnols qui avaient fui la dictature franquiste.Au lycée, j’avais plein de copains qui étaient fils de réfus….Ça incite à la sympathie, forcément.

En vieillissant, j’ai vu la population croître et se diversifier. Changer de statut aussi. Et très vite, un truc bizarre m’est apparu. Les nouveaux « réfus », ils vivaient dans leur pays. On les appelait des « dissidents ». Le mot n’est pas innocent, mais il me semblait doubler le vieux vocable d’« opposants ». Il ne m’a pas fallu longtemps pour faire ma petite analyse linguistique.

Un « opposant », c’est universel. Tout régime, tout gouvernement a ses opposants. Normal : c’est la base de tout régime politique, démocratique ou pas. Y’a le côté du manche et l’autre.

Par contre, il n’est de dissident que dans un pays communiste. Vous pouvez chercher, regarder, analyser, quand on vous parle de dissidence, Marx est derrière la porte. C’est caricatural : Pinochet avait des opposants, Castro des dissidents.

Allez voir l’article, plutôt pas mal fichu, que Wikipedia consacre au mot « dissident ». Pour faire court, un dissident se sépare du régime dans lequel il vit alors qu’un opposant l’accepte et lutte contre les hommes au pouvoir.. Voilà. Les opposants à Pinochet acceptaient le régime et rejetaient le bonhomme, les dissidents cubains refusaient avant tout le régime. C’est une différence de nature : changer les hommes ou changer la philosophie du gouvernement. Et donc, mes copains réfus, selon cette définition, ils luttaient contre Franco, pas contre son régime qu’ils devaient trouver sympa. Si je leur avais dit ça, ils ne seraient plus mes copains, je crois. Pourtant, ils étaient vus comme des opposants, pas des dissidents.

C’est bien les mots. Ils ne dissimulent rien, à condition de les analyser. Tout s’explique : les dissidents ne veulent pas du communisme. Franco, Pinochet avaient une philosophie du pouvoir acceptable par tous. Castro, Brejnev, non. Les premiers avaient des opposants, les seconds abritaient des dissidents.

Là, tu t’arrêtes, tu respires un grand coup et tu te demandes si tu te ferais pas manipuler par un organisme qui serait parfaitement anti-communiste. Or, tu as beau regarder, tu n’en trouves qu’un qui, depuis un demi-siècle, lutte avec constance et de gros moyens contre le communisme quasi-satanique. Et c’est la CIA. Remarque, le choix d’un vocabulaire aussi précis a l’avantage de ne laisser aucune place au doute. Il ne s’agit pas de changer les hommes. Ça, la CIA sait faire : le coup d’Etat fait partie de son fonds de commerce. Il s’agit de détruire le communisme. Choisir des individus, les mettre sous les feux des projecteurs, montrer et démontrer qu’ils sont des victimes d’une idéologie plus que d’un gouvernement, les financer aussi. La machine est rodée. Elle fonctionne avec des organismes financiers comme le NED (National Endowment for Democracy) qui distribue l’argent, du lobbying diplomatique, notamment à l’ONU, pour habiller l’action d’un peu de juridisme diplomatique, des associations qui servent de relais et quelques personnalités connues issues du monde du spectacle pour attirer ceux qui ne pensent pas. Et la doxa se met en place.

Une règle semble universelle : pour être dissident, il vaut mieux brandir une religion ou une théorie spirituelle qui peut y être assimilée. Ainsi le NED a soutenu Solidarnosc en Pologne (Lech Walesa n’a jamais fait mystère de son engagement chrétien) ou les bouddhistes tibétains. Il semble que les USA jugent que l’athéisme est le danger suprême que le communisme fait courir au monde. En plus, la spiritualité est bien pratique. Les relais sont innombrables, chaque mouvement « spirituel » se croyant obligé de défendre tous les autres. Elle couvre les dissidents d’une chape d’humanisme et les dégage de l’infamante accusation de faire de la politique. Face aux loups idéologiques, nous voyons apparaître des millions d’agneaux en recherche spirituelle, agneaux dont la nourriture s’élabore à Washington.

Nous, Français, devrions savoir décrypter. La lutte contre le christianisme fut une des constantes des Républicains du 19e siècle, au moins jusqu’à la loi de 1905. Nous devrions connaître toutes les ruses, depuis les aides financières jusqu’au travail sur l’éducation, on devrait connaître la propagande larvée et la diffusion des images pieuses ; car les catholiques étaient alors des dissidents, des gens qui refusaient un régime au nom de leurs croyances. Parfois, ils le redeviennent.

Si t’avais pas fait le rapprochement, c’est que t’as des lacunes historiques. T’as des excuses : mes copains de gauche, ils supportent pas les dissidents catholiques et ils se pâment devant les dissidents chinois. Comme quoi…on peut être de gauche et suivre la CIA.

Comme je vais me faire engueuler, on en reparlera…

mardi 5 août 2014

LE SPECIALISTE

Plein d’amis se sont attristés de la disparition de Paul Jean-Ortiz, le conseiller diplomatique de Hollande. S’il est toujours triste de voir disparaître quelqu’un, on m’autorisera d’avoir un regard, disons, décalé.

Conseiller diplomatique à l’Elysée, c’est pas rien. C’est plus que Ministre des Affaires Etrangères qui sont souvent « étrangers aux affaires ». Du moins cette disparition m’aura t-elle donné le nom d’un homme qui me fit piquer quelques coups de sang.

Je ne parle pas des calamiteuses positions françaises en Syrie. Elles ne nous ont attiré que le ridicule de chausser les bottes d’Obama, bottes mal taillées, on en conviendra. Suivre la politique américaine au Moyen-Orient quand on voit les résultats en Irak et en Afghanistan, c’est pour le moins osé. J’admettrai volontiers que Monsieur Jean-Ortiz, face au poids financier de certains Etats de la région ne l’a pas fait, le poids.

Je ne lui ferai pas non plus porter le fardeau des positions en Ukraine. Je conviens qu’il ne pouvait à la fois lutter contre Poutine et la maladie qui l’a emporté.

Par contre, ce spécialiste de la Chine où il fut en poste, spécialiste au point qu’on a songé à lui donner l’ambassade de Pékin a laissé le Président faire une des boulettes les plus monumentales de son court pouvoir.

En avril 2013, François Hollande se rend en Chine pour une visite d’Etat. Il va y passer 36 heures ! La plus courte visite d’un chef d’Etat français dans l’Empire fleuri.. Alors qu’il a passé trois jours au Japon et aux USA. Pour les Chinois, sensibles à de tels signes, une visite aussi courte ressemble à un camouflet. Toute la presse (informée par l’Elysée) a insisté sur l’aspect économique de cette visite. Un peu comme si Hollande s’était dit que pour prendre du fric, il avait pas besoin de beaucoup plus de temps. C’est une position blessante. Et stupide. Il aurait pu en profiter pour faire un peu de tourisme intelligent. Faire un saut au Sichuan où la position française est ancienne et respectable. Il en aurait profité pour faire la bise à un de ces pandas auxquels il ressemble parfois.

Tout ceci Monsieur Jean-Ortiz devait le savoir. C’était à lui de convaincre le Président. Mais je me pose la question de l’amour de la Chine que tous les commentateurs lui prêtent. C’est qu’il fut l’organisateur de l’exfiltration des dissidents lors des incidents de Tiananmen en 1989. Peut-on être l’ami de la Chine et soutenir ceux qui en combattent le gouvernement ? Je me la pose d’autant plus que mon vieux Lao Pierre, Pierre Gentelle, alors directeur d’Aujourd’hui la Chine, journal des Amitiés Franco-Chinoises, avait aussi pris fait et cause pour la dissidence ce qui contredisait absolument son itinéraire. Nous en avons parlé, mais pour une fois, il fut fort peu loquace. C’est qu’il avait fait une erreur d’analyse. Ça arrive. Mais ça n’engageait que lui. Un diplomate engage la France. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

A l’Elysée, Monsieur Jean-Ortiz travaillait avec le secrétaire-adjoint de la Présidence, Nicolas Revel. Le nom ne vous dit rien ? Il porte comme nom le pseudonyme de son père, Jean-François Revel (de son vrai nom Jean-François Ricard). C’est donc le demi-frère de Matthieu Ricard, porte-parole du Dalaï-Lama. Coincidence ou connivence ?

C’est une vieille lune française : on peut être l’ami d’un pays sans être pour autant ami avec son gouvernement. Il suffit de prétendre être ami avec son peuple. Je l’entends tous les jours : j’aime la Chine, j’aime les Chinois, je n’aime pas le gouvernement chinois. Même si le peuple est globalement satisfait ? Même. Il suffit d’affirmer que le peuple est trompé et le tour est joué. On le voit, aucune discussion n’est plus possible.

Sauf que là, on est dans la rhétorique, acceptable pour les journalistes ou les politiciens de bistro. Ce ne peut pas être un fonctionnement diplomatique. Un diplomate, un gouvernement ne peuvent pas jouer ce jeu. Pour un Chef d’Etat, une relation cordiale avec un autre Chef d’Etat est le minimum qu’on puisse demander. Et aider son opposition n’est tout simplement pas acceptable.

Je ne peux que supposer que Paul Jean-Ortiz avait fait sienne la théorie du « devoir d’ingérence ». Il faut rappeler que c’est Léon Blum qui a théorisé le premier cette idée dans ses Mémoires. A propos de la guerre d’Espagne. La situation était alors assez claire puisque le gouvernement républicain espagnol était en butte aux attaques d’une rébellion factieuse. Le devoir d’ingérence consistait alors à soutenir un gouvernement ami (et légitime) contre une opposition non-légitime en apportant une aide non-officielle. C’était le temps où l’on distinguait soigneusement la diplomatie qui gère les rapports entre Etats et l’intervention dans une guerre civile. Blum disait simplement que, en cas de besoin, on pouvait intervenir dans les affaires intérieures d’un gouvernement ami, sortir du strict jeu diplomatique.

Moyennant quoi, les héritiers de Blum ont décidé qu’on pouvait intervenir dans les affaires intérieures de tout pays. L’idée est devenue généralement acceptée, soutenue par une propagande essentiellement basée sur la Seconde Guerre mondiale et largement appuyée par les Américains (Soljenitsyne par exemple). Et donc, on admire l’exfiltration des dissidents, l’accueil fait à Gao Xingjian, sans se demander si le travail d’un diplomate n’est pas avant tout de conserver de bonnes relations avec le pays où il est en poste.

Et donc, gardant la tête froide, je me demande si Mr Jean-Ortiz qui laisse organiser une visite au rabais et s’implique dans les affaires intérieures chinoises était un si bon diplomate. Ce serait au gouvernement chinois de le dire mais il n’en fera rien.

Je me demande aussi si l’attitude générale de l’oligarchie française n’est pas en lien direct avec la faiblesse de nos échanges commerciaux. Je me demande aussi comment tout ça fonctionne. En 2008, quand les manifestants anti-tibétains pourrissent le passage de la flamme olympique, la Ville de Paris ne manifeste pas un zèle excessif pour protéger le cortège. Le directeur de cabinet du Maire de Paris est alors un certain Nicolas Revel. Il a peut être eu peur qu’on tape sur son frère. Va savoir.

Mais tout le monde sait que je vois le mal partout.

dimanche 3 août 2014

PREVOIR L’AVENIR PAR LA NORME

Y’a un truc que j’adore, c’est la norme ISO des noms de pays, celle en trois lettres. Celle où la France, c’est FRA. Pour codifier une base de données, c’est vachement bien. Tu regardes en travers, tu trouves ça bien technique et tout, sérieux, objectif, utile.

Ouais. En fait, c’est surtout superbement politique. Tiens, la Palestine dont on cause en ce moment. Je trouve une liste où le code PSE est donné à Gaza. Pourquoi seulement Gaza ? Mais l’ISO qui attribue les noms donne State of Palestine et affirme que c’est officiel. Sauf que l’ISO ne publie pas de cartes. Et donc on ne sait pas à quel territoire s’applique la norme. Tu parles d’un sérieux. Après, y'a des gens qui reprennent et modifient légèrement. Juste un peu. La porte ouverte aux dérapages.

Un autre truc marrant : les Antilles, nos Antilles. Elles ont un code : GLP pour la Guadeloupe, MTQ pour la Martinique. Idem pour l’Océan Indien avec REU pour la Réunion et MYT pour Mayotte. Bon. Admettons que l’éloignement de la métropole justifie ce traitement. Seulement, voilà. Toutes les îles ne sont pas égales. Hawai n’a pas de code ISO. Pourquoi ? Ça sent l’embrouille. Comme si les Antilles avaient vocation à devenir des pays indépendants, mais pas Hawai. Comme si on ne pouvait pas appliquer le même traitement aux mêmes situations. Hé ! Hawai est un Etat américain. Comme le Montana. Oui et la Guadeloupe un département français. Comme l’Isère. Qui peut m’expliquer ? D’autant que Saint-Martin, ce minuscule caillou, bénéficie de deux codes, un pour sa partie française, un pour sa partie néerlandaise. Remarque, c’est une île riche, elle a les moyens d’avoir deux codes.

Les îles, c’est vraiment marrant. L’île Bouvet, un caillou isolé dans l’Antarctique, couvert de glace, elle a un code. C’est pas demain que les habitants vont manifester pour son indépendance.Y’a pas d’habitants. Alors ? Mystère.

J’ai un copain qui voit le mal partout, il me dit que c’est des raisons financières. En Grande-Bretagne, Jersey à son propre code (JEY), ainsi que l’ile de Man (IMN). Il m’affirme que c’est des codes pour faciliter les transactions financières vers les paradis fiscaux. Possible. Mais les raisons financières pour l’île Bouvet où y’a pas une banque, faudra m’expliquer.

Hong-Kong a été rendu à la Chine, mais Hong-Kong a conservé son code. Admettons, Hong-Kong a un statut particulier. Mais dans ce cas, comment expliquer que les Ryu-Kyu n’aient pas leur propre code ? Elles étaient indépendantes jusqu'à la fin du XIXe siècle. Sans rire, si la Martinique a son code, Okinawa a droit au sien.

Et donc, on m’ôtera pas de l’idée que tout ceci est un vaste plan géopolitique, une manière de voir qui mène le jeu. On ne discute pas sur Hawai et Okinawa. Pas touche. Et le consensus s’applique par la norme. Chacun de ces codes a été longuement discuté. Par les diplomates. Mais pas que… On apprend que l’Union Postale Universelle a son mot à dire. Que les organismes financiers ont été consultés (finalement peut être que mon copain a raison) ainsi que l’OMC. Qu’on a interrogé l’Union Douanière et même Interpol. Cette liste de codes techniques sent fichtrement la négociation politique et les sous-entendus. Parce que, entre nous, si Jersey a son code, pourquoi pas la Corse ? C’est pareil : deux îles à une portée de ferry de la mère-patrie.Mais Jersey ne revendique aucune indépendance. Peur être que la France a peur que le code ouvre la voie à la séparation. Va savoir.

Si j’étais moins fainéant, j’irais y voir de plus près. Comment tout ça a été négocié ? Qui a demandé des codes et qui les a repoussés ? Quelles bonnes et mauvaises raisons ont été invoquées ?

Il faut se méfier des normes. Sous leur apparence glacée, elles cachent toujours une idéologie à l‘œuvre. Imposer des normes sanitaires, par exemple, permettra de mettre à mal les entreprises incapables d’investir financièrement dans des travaux et bénéficiera à celles dont les finances seront soutenues par leurs banques. En faisant mine de soutenir le consommateur, on soutient en fait la planète financière. C'est le fonctionnement à l'oeuvre dans la restauration et l'alimentation. Les experts, tu leur causes, ils le parlent que de santé, de protection du consommateur, t'es pas contre la protection du consommateur, quand même. Ben, faut voir.

En fait, il faut se méfier de tout discours qui se qualifie d’objectif. Qui veut prouver son objectivité met généralement en évidence des intentions douteuses.

Il faut se méfier des juristes et des malades du règlement.

Tartuffe continue de se reproduire.

On en reparlera….