jeudi 7 août 2014

SHANGHAI ET LA COOPÉRATION

C’est un sigle que tout le monde ignore : l’OCS. L’Organisation de Coopération de Shanghai. Et l’OCS vient de faire un joli coup. Merci, Jean, de m’avoir informé.

L’OCS, c’est une sorte d’OTAN eurasiatique, une organisation de défense commune qui regroupait la Chine, l’URSS, le Kazakhstan, le Tadjikistan, l’Ouzbekistan et le Kirghizistan. Les médias français s’en foutent : ils voient ça comme une tentative des Russes et des Chinois de coopérer avec des Etats de montagnards nomades et bien folkloriques. C’est toujours le même mépris : quel intérêt ont ces Kirghizes ?

Mais voilà, les temps changent et le monde bouge. L’OCS vient d’admettre, après plusieurs années de discussion, de nouveaux membres : l’Inde, l’Iran, le Pakistan et la Mongolie. C’est pas rien… Voilà que l’Iran se trouve désormais dans une structure militaire internationale avec la Chine et la Russie.. Ça arrange pas vraiment les affaires d’Obama.

Voilà que l’Inde et le Pakistan se trouvent officiellement alliés. Bravo à tous les commentateurs qui glosent à longueur de pages sur le fossé qui sépare ces deux pays.

Voilà que la Chine et l’Inde appartiennent à la même structure de défense. Bravo à tous les journalistes qui nous abreuvent de reportages sur leur inimitié irréductible.

Année après année, les dirigeants asiatiques s’aperçoivent que Washington est un faux ami. Qu’ils sont utilisés dans un projet d’hégémonie mondiale qui ne profite qu’aux USA. Qu’on les joue les uns contre les autres et que ça ne va pas fonctionner éternellement. Alors l’OCS leur tend les bras.

L’OCS, officiellement, doit permettre de lutter contre les trois maux qui menacent l’Asie orientale : le séparatisme, l’intégrisme et le terrorisme. L’Organisation a d’ailleurs des bureaux à Tachkent uniquement dédiés à la lutte anti-terroriste. Les pays asiatiques savent bien que ces trois maux plongent leurs racines profondes dans la politique coloniale ou néo-coloniale des Anglo-Saxons. Logiquement, ils disent Stop. Et ils sortent de l’orbite de Washington qui vient de prendre, en moins d’un mois, deux claques, l’une financière (voir ici), l’autre diplomatico-militaire.

La difficulté pour Obama tient à son impossibilité de réaction. Les buts de l’OCS vont dans le sens de ses déclarations. Ceux de la nouvelle banque des pays émergents, aussi. Le ton est neutre, feutré, tranquille. En face d’Obama, les deux pays les plus peuplés du monde, deux économies puissantes dont il ne peut pas se passer. Des pays forts, qu’il a cru berner avec des mots et qui, aujourd’hui, posent le réel sur la table.

Pour survivre, il ne lui reste que le Traité transatlantique. Les USA vont donc s’y accrocher, faire le forcing. Je pense que l’Europe va céder. Alors même que c’est maintenant qu’ils sont demandeurs qu’il faut leur tordre le bras. Les négociateurs européens peuvent demander ce qu’ils veulent, les Américains céderont. Ils ne peuvent pas s’offrir le luxe d’être isolés. Mais ça, on l’avait déjà dit il y a plus d’un an.

Il ne faut pas s’imaginer que tout ceci n’est que militaire. L’OCS est un traité d’alliance entre pays méprisés (ou qui se sentent méprisés, c’est la même chose) qui ont décidé de redresser la tête. Sans surprises, la Russie fait un test sur les matières alimentaires. Sans surprises, les commentateurs affirment que la Russie s’isole, alors que c’est exactement le contraire. Regardez donc une carte. Avec l’Iran, l’étau se resserre autour des pays caucasiens et des régions caucasiennes de Russie, là où précisément les trois maux (séparatisme, intégrisme, terrorisme) posent le plus de problèmes à Poutine.. Et je ne serais pas surpris que, dans les tuyaux, il n’y ait pas une sorte d’OMC-bis, destinée à rééquilibrer des échanges Nord-Sud de plus en plus inégaux.

La seule chose qu’on ne peut pas imaginer, c’est que les USA cèdent. Ils n’ont rien compris car personne n’a envie de voir que les époques de grandeur sont derrière. Nous les suivrons dans cette descente aux enfers. Par manque de clairvoyance, essentiellement. Nous avons refusé toute aide à la Russie, alors que De Gaulle plaidait pour une Europe de l’Atlantique à l’Oural. Il fallait lui faire payer ces années de guerre froide où elle nous avait fait si peur. La Chine a tendu la main et la Russie s’en est saisie.

Tout ceci est le résultat d’années de propagande. De Gaulle savait ce que l’Europe devait à la Russie pour la victoire de 1945. Il savait ce que signifiaient une alliance avec la Russie et une alliance avec les USA. Il savait où était l’intérêt de la France. La propagande étatsunienne nous a aveuglés. Il faudra y revenir.

Dans les coulisses, les « petits pays » préparent la facture de toutes ces années d’erreurs.

Et la note va être salée.

On en rearlera…

mercredi 6 août 2014

LES DISSIDENTS

Le texte précédent m’a valu quelques réactions indignées… Il faut donc que je m’en explique…

Les dissidents, je connais.. Ils ont des ancêtres. Nous, on appelait ça les « réfus ». C’est une abréviation pour « réfugiés »…Chez moi, c’était majoritairement des Républicains espagnols qui avaient fui la dictature franquiste.Au lycée, j’avais plein de copains qui étaient fils de réfus….Ça incite à la sympathie, forcément.

En vieillissant, j’ai vu la population croître et se diversifier. Changer de statut aussi. Et très vite, un truc bizarre m’est apparu. Les nouveaux « réfus », ils vivaient dans leur pays. On les appelait des « dissidents ». Le mot n’est pas innocent, mais il me semblait doubler le vieux vocable d’« opposants ». Il ne m’a pas fallu longtemps pour faire ma petite analyse linguistique.

Un « opposant », c’est universel. Tout régime, tout gouvernement a ses opposants. Normal : c’est la base de tout régime politique, démocratique ou pas. Y’a le côté du manche et l’autre.

Par contre, il n’est de dissident que dans un pays communiste. Vous pouvez chercher, regarder, analyser, quand on vous parle de dissidence, Marx est derrière la porte. C’est caricatural : Pinochet avait des opposants, Castro des dissidents.

Allez voir l’article, plutôt pas mal fichu, que Wikipedia consacre au mot « dissident ». Pour faire court, un dissident se sépare du régime dans lequel il vit alors qu’un opposant l’accepte et lutte contre les hommes au pouvoir.. Voilà. Les opposants à Pinochet acceptaient le régime et rejetaient le bonhomme, les dissidents cubains refusaient avant tout le régime. C’est une différence de nature : changer les hommes ou changer la philosophie du gouvernement. Et donc, mes copains réfus, selon cette définition, ils luttaient contre Franco, pas contre son régime qu’ils devaient trouver sympa. Si je leur avais dit ça, ils ne seraient plus mes copains, je crois. Pourtant, ils étaient vus comme des opposants, pas des dissidents.

C’est bien les mots. Ils ne dissimulent rien, à condition de les analyser. Tout s’explique : les dissidents ne veulent pas du communisme. Franco, Pinochet avaient une philosophie du pouvoir acceptable par tous. Castro, Brejnev, non. Les premiers avaient des opposants, les seconds abritaient des dissidents.

Là, tu t’arrêtes, tu respires un grand coup et tu te demandes si tu te ferais pas manipuler par un organisme qui serait parfaitement anti-communiste. Or, tu as beau regarder, tu n’en trouves qu’un qui, depuis un demi-siècle, lutte avec constance et de gros moyens contre le communisme quasi-satanique. Et c’est la CIA. Remarque, le choix d’un vocabulaire aussi précis a l’avantage de ne laisser aucune place au doute. Il ne s’agit pas de changer les hommes. Ça, la CIA sait faire : le coup d’Etat fait partie de son fonds de commerce. Il s’agit de détruire le communisme. Choisir des individus, les mettre sous les feux des projecteurs, montrer et démontrer qu’ils sont des victimes d’une idéologie plus que d’un gouvernement, les financer aussi. La machine est rodée. Elle fonctionne avec des organismes financiers comme le NED (National Endowment for Democracy) qui distribue l’argent, du lobbying diplomatique, notamment à l’ONU, pour habiller l’action d’un peu de juridisme diplomatique, des associations qui servent de relais et quelques personnalités connues issues du monde du spectacle pour attirer ceux qui ne pensent pas. Et la doxa se met en place.

Une règle semble universelle : pour être dissident, il vaut mieux brandir une religion ou une théorie spirituelle qui peut y être assimilée. Ainsi le NED a soutenu Solidarnosc en Pologne (Lech Walesa n’a jamais fait mystère de son engagement chrétien) ou les bouddhistes tibétains. Il semble que les USA jugent que l’athéisme est le danger suprême que le communisme fait courir au monde. En plus, la spiritualité est bien pratique. Les relais sont innombrables, chaque mouvement « spirituel » se croyant obligé de défendre tous les autres. Elle couvre les dissidents d’une chape d’humanisme et les dégage de l’infamante accusation de faire de la politique. Face aux loups idéologiques, nous voyons apparaître des millions d’agneaux en recherche spirituelle, agneaux dont la nourriture s’élabore à Washington.

Nous, Français, devrions savoir décrypter. La lutte contre le christianisme fut une des constantes des Républicains du 19e siècle, au moins jusqu’à la loi de 1905. Nous devrions connaître toutes les ruses, depuis les aides financières jusqu’au travail sur l’éducation, on devrait connaître la propagande larvée et la diffusion des images pieuses ; car les catholiques étaient alors des dissidents, des gens qui refusaient un régime au nom de leurs croyances. Parfois, ils le redeviennent.

Si t’avais pas fait le rapprochement, c’est que t’as des lacunes historiques. T’as des excuses : mes copains de gauche, ils supportent pas les dissidents catholiques et ils se pâment devant les dissidents chinois. Comme quoi…on peut être de gauche et suivre la CIA.

Comme je vais me faire engueuler, on en reparlera…

mardi 5 août 2014

LE SPECIALISTE

Plein d’amis se sont attristés de la disparition de Paul Jean-Ortiz, le conseiller diplomatique de Hollande. S’il est toujours triste de voir disparaître quelqu’un, on m’autorisera d’avoir un regard, disons, décalé.

Conseiller diplomatique à l’Elysée, c’est pas rien. C’est plus que Ministre des Affaires Etrangères qui sont souvent « étrangers aux affaires ». Du moins cette disparition m’aura t-elle donné le nom d’un homme qui me fit piquer quelques coups de sang.

Je ne parle pas des calamiteuses positions françaises en Syrie. Elles ne nous ont attiré que le ridicule de chausser les bottes d’Obama, bottes mal taillées, on en conviendra. Suivre la politique américaine au Moyen-Orient quand on voit les résultats en Irak et en Afghanistan, c’est pour le moins osé. J’admettrai volontiers que Monsieur Jean-Ortiz, face au poids financier de certains Etats de la région ne l’a pas fait, le poids.

Je ne lui ferai pas non plus porter le fardeau des positions en Ukraine. Je conviens qu’il ne pouvait à la fois lutter contre Poutine et la maladie qui l’a emporté.

Par contre, ce spécialiste de la Chine où il fut en poste, spécialiste au point qu’on a songé à lui donner l’ambassade de Pékin a laissé le Président faire une des boulettes les plus monumentales de son court pouvoir.

En avril 2013, François Hollande se rend en Chine pour une visite d’Etat. Il va y passer 36 heures ! La plus courte visite d’un chef d’Etat français dans l’Empire fleuri.. Alors qu’il a passé trois jours au Japon et aux USA. Pour les Chinois, sensibles à de tels signes, une visite aussi courte ressemble à un camouflet. Toute la presse (informée par l’Elysée) a insisté sur l’aspect économique de cette visite. Un peu comme si Hollande s’était dit que pour prendre du fric, il avait pas besoin de beaucoup plus de temps. C’est une position blessante. Et stupide. Il aurait pu en profiter pour faire un peu de tourisme intelligent. Faire un saut au Sichuan où la position française est ancienne et respectable. Il en aurait profité pour faire la bise à un de ces pandas auxquels il ressemble parfois.

Tout ceci Monsieur Jean-Ortiz devait le savoir. C’était à lui de convaincre le Président. Mais je me pose la question de l’amour de la Chine que tous les commentateurs lui prêtent. C’est qu’il fut l’organisateur de l’exfiltration des dissidents lors des incidents de Tiananmen en 1989. Peut-on être l’ami de la Chine et soutenir ceux qui en combattent le gouvernement ? Je me la pose d’autant plus que mon vieux Lao Pierre, Pierre Gentelle, alors directeur d’Aujourd’hui la Chine, journal des Amitiés Franco-Chinoises, avait aussi pris fait et cause pour la dissidence ce qui contredisait absolument son itinéraire. Nous en avons parlé, mais pour une fois, il fut fort peu loquace. C’est qu’il avait fait une erreur d’analyse. Ça arrive. Mais ça n’engageait que lui. Un diplomate engage la France. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

A l’Elysée, Monsieur Jean-Ortiz travaillait avec le secrétaire-adjoint de la Présidence, Nicolas Revel. Le nom ne vous dit rien ? Il porte comme nom le pseudonyme de son père, Jean-François Revel (de son vrai nom Jean-François Ricard). C’est donc le demi-frère de Matthieu Ricard, porte-parole du Dalaï-Lama. Coincidence ou connivence ?

C’est une vieille lune française : on peut être l’ami d’un pays sans être pour autant ami avec son gouvernement. Il suffit de prétendre être ami avec son peuple. Je l’entends tous les jours : j’aime la Chine, j’aime les Chinois, je n’aime pas le gouvernement chinois. Même si le peuple est globalement satisfait ? Même. Il suffit d’affirmer que le peuple est trompé et le tour est joué. On le voit, aucune discussion n’est plus possible.

Sauf que là, on est dans la rhétorique, acceptable pour les journalistes ou les politiciens de bistro. Ce ne peut pas être un fonctionnement diplomatique. Un diplomate, un gouvernement ne peuvent pas jouer ce jeu. Pour un Chef d’Etat, une relation cordiale avec un autre Chef d’Etat est le minimum qu’on puisse demander. Et aider son opposition n’est tout simplement pas acceptable.

Je ne peux que supposer que Paul Jean-Ortiz avait fait sienne la théorie du « devoir d’ingérence ». Il faut rappeler que c’est Léon Blum qui a théorisé le premier cette idée dans ses Mémoires. A propos de la guerre d’Espagne. La situation était alors assez claire puisque le gouvernement républicain espagnol était en butte aux attaques d’une rébellion factieuse. Le devoir d’ingérence consistait alors à soutenir un gouvernement ami (et légitime) contre une opposition non-légitime en apportant une aide non-officielle. C’était le temps où l’on distinguait soigneusement la diplomatie qui gère les rapports entre Etats et l’intervention dans une guerre civile. Blum disait simplement que, en cas de besoin, on pouvait intervenir dans les affaires intérieures d’un gouvernement ami, sortir du strict jeu diplomatique.

Moyennant quoi, les héritiers de Blum ont décidé qu’on pouvait intervenir dans les affaires intérieures de tout pays. L’idée est devenue généralement acceptée, soutenue par une propagande essentiellement basée sur la Seconde Guerre mondiale et largement appuyée par les Américains (Soljenitsyne par exemple). Et donc, on admire l’exfiltration des dissidents, l’accueil fait à Gao Xingjian, sans se demander si le travail d’un diplomate n’est pas avant tout de conserver de bonnes relations avec le pays où il est en poste.

Et donc, gardant la tête froide, je me demande si Mr Jean-Ortiz qui laisse organiser une visite au rabais et s’implique dans les affaires intérieures chinoises était un si bon diplomate. Ce serait au gouvernement chinois de le dire mais il n’en fera rien.

Je me demande aussi si l’attitude générale de l’oligarchie française n’est pas en lien direct avec la faiblesse de nos échanges commerciaux. Je me demande aussi comment tout ça fonctionne. En 2008, quand les manifestants anti-tibétains pourrissent le passage de la flamme olympique, la Ville de Paris ne manifeste pas un zèle excessif pour protéger le cortège. Le directeur de cabinet du Maire de Paris est alors un certain Nicolas Revel. Il a peut être eu peur qu’on tape sur son frère. Va savoir.

Mais tout le monde sait que je vois le mal partout.

dimanche 3 août 2014

PREVOIR L’AVENIR PAR LA NORME

Y’a un truc que j’adore, c’est la norme ISO des noms de pays, celle en trois lettres. Celle où la France, c’est FRA. Pour codifier une base de données, c’est vachement bien. Tu regardes en travers, tu trouves ça bien technique et tout, sérieux, objectif, utile.

Ouais. En fait, c’est surtout superbement politique. Tiens, la Palestine dont on cause en ce moment. Je trouve une liste où le code PSE est donné à Gaza. Pourquoi seulement Gaza ? Mais l’ISO qui attribue les noms donne State of Palestine et affirme que c’est officiel. Sauf que l’ISO ne publie pas de cartes. Et donc on ne sait pas à quel territoire s’applique la norme. Tu parles d’un sérieux. Après, y'a des gens qui reprennent et modifient légèrement. Juste un peu. La porte ouverte aux dérapages.

Un autre truc marrant : les Antilles, nos Antilles. Elles ont un code : GLP pour la Guadeloupe, MTQ pour la Martinique. Idem pour l’Océan Indien avec REU pour la Réunion et MYT pour Mayotte. Bon. Admettons que l’éloignement de la métropole justifie ce traitement. Seulement, voilà. Toutes les îles ne sont pas égales. Hawai n’a pas de code ISO. Pourquoi ? Ça sent l’embrouille. Comme si les Antilles avaient vocation à devenir des pays indépendants, mais pas Hawai. Comme si on ne pouvait pas appliquer le même traitement aux mêmes situations. Hé ! Hawai est un Etat américain. Comme le Montana. Oui et la Guadeloupe un département français. Comme l’Isère. Qui peut m’expliquer ? D’autant que Saint-Martin, ce minuscule caillou, bénéficie de deux codes, un pour sa partie française, un pour sa partie néerlandaise. Remarque, c’est une île riche, elle a les moyens d’avoir deux codes.

Les îles, c’est vraiment marrant. L’île Bouvet, un caillou isolé dans l’Antarctique, couvert de glace, elle a un code. C’est pas demain que les habitants vont manifester pour son indépendance.Y’a pas d’habitants. Alors ? Mystère.

J’ai un copain qui voit le mal partout, il me dit que c’est des raisons financières. En Grande-Bretagne, Jersey à son propre code (JEY), ainsi que l’ile de Man (IMN). Il m’affirme que c’est des codes pour faciliter les transactions financières vers les paradis fiscaux. Possible. Mais les raisons financières pour l’île Bouvet où y’a pas une banque, faudra m’expliquer.

Hong-Kong a été rendu à la Chine, mais Hong-Kong a conservé son code. Admettons, Hong-Kong a un statut particulier. Mais dans ce cas, comment expliquer que les Ryu-Kyu n’aient pas leur propre code ? Elles étaient indépendantes jusqu'à la fin du XIXe siècle. Sans rire, si la Martinique a son code, Okinawa a droit au sien.

Et donc, on m’ôtera pas de l’idée que tout ceci est un vaste plan géopolitique, une manière de voir qui mène le jeu. On ne discute pas sur Hawai et Okinawa. Pas touche. Et le consensus s’applique par la norme. Chacun de ces codes a été longuement discuté. Par les diplomates. Mais pas que… On apprend que l’Union Postale Universelle a son mot à dire. Que les organismes financiers ont été consultés (finalement peut être que mon copain a raison) ainsi que l’OMC. Qu’on a interrogé l’Union Douanière et même Interpol. Cette liste de codes techniques sent fichtrement la négociation politique et les sous-entendus. Parce que, entre nous, si Jersey a son code, pourquoi pas la Corse ? C’est pareil : deux îles à une portée de ferry de la mère-patrie.Mais Jersey ne revendique aucune indépendance. Peur être que la France a peur que le code ouvre la voie à la séparation. Va savoir.

Si j’étais moins fainéant, j’irais y voir de plus près. Comment tout ça a été négocié ? Qui a demandé des codes et qui les a repoussés ? Quelles bonnes et mauvaises raisons ont été invoquées ?

Il faut se méfier des normes. Sous leur apparence glacée, elles cachent toujours une idéologie à l‘œuvre. Imposer des normes sanitaires, par exemple, permettra de mettre à mal les entreprises incapables d’investir financièrement dans des travaux et bénéficiera à celles dont les finances seront soutenues par leurs banques. En faisant mine de soutenir le consommateur, on soutient en fait la planète financière. C'est le fonctionnement à l'oeuvre dans la restauration et l'alimentation. Les experts, tu leur causes, ils le parlent que de santé, de protection du consommateur, t'es pas contre la protection du consommateur, quand même. Ben, faut voir.

En fait, il faut se méfier de tout discours qui se qualifie d’objectif. Qui veut prouver son objectivité met généralement en évidence des intentions douteuses.

Il faut se méfier des juristes et des malades du règlement.

Tartuffe continue de se reproduire.

On en reparlera….

vendredi 1 août 2014

LE TARIQUET

Moi j’aime bien le Tariquet. Certes, il y a meilleur, plus fruité, plus ceci, plus cela, avec des arômes de pêche, de citron (tant d’arômes qu’on a fini par inventer le rosé pamplemousse, comme ça on est tranquille). C’est Café qui m’a fait découvrir le Tariquet. A l’heure de l’apéro, ce petit vin du Gers faisait bien l’affaire et tenait le budget en laisse. Parce que l’apéro, c’est sérieux. Si c’est pour en boire qu’un, vaut mieux pas commencer. D’où l’inquiétude budgétaire.

C’était dans les années 80. Le Tariquet commençait sa fulgurante ascension, en même temps que son copain et voisin Colombelle. Des vins du Gers, près d’Eauze, ville tauromachique bien connu mais ça n’a rien à voir. Quoique.. Et tout le monde buvait du Tariquet qu’était bien agréable.

Mais voilà. Le succès implique la croissance et le Tariquet (ainsi que le Colombelle) est devenu ce qu’on appelle un blockbuster, un gros vendeur. Et donc, les minets, les bobos, ceux qui veulent surtout échapper à la masse par ce qu’ils consomment (ce qui est plus facile que par ce qu’on pense), se sont mis à foudroyer le Tariquet, comme quoi ils avaient près de 1000 hectares, qu’à ce niveau on pouvait pas être soigneux et que c’était pas bien de boire du Tariquet et que « il valait mieux boire du Perrier ». Bon. Des passionnés de pinard qui préfèrent boire de l’eau, ça m’interpelle comme on dit.

Du coup, un passionné compétent comme Jacques Berthommeau se met en rogne et introduit le Tariquet dans un débat politique en traitant les Tariquetophobes de « staliniens ». Pour lui, c’est une injure…. Ça se discute….

Il a des références, Berthommeau. Mais il va pas assez loin. Les minets, ils ont pas compris que pour défendre le vin français, il valait mieux boire du Tariquet ou du Vieux Papes, qu’un pinard venu d’ailleurs. Même de Rioja où j’ai pourtant quelques habitudes. C’est facile à comprendre. Tariquet, il crée des emplois en France, il paye des impôts en France, bref son succès allège ma charge fiscale. Tariquet et moi, on est dans la même barque. Et quand il s’exporte (ce qu’il fait très bien) il trace la voie pour ses petits copains.

D’autant que les minets n’ont encore rien vu. Les Australiens, les Chiliens et les Argentins, ils ont du souci à se faire. La Chine se met en marche, à sa manière, en commençant par la théorie. Regardez ça. La différence intellectuelle saute aux yeux. Les autres, ils ont fait pragmatique. Les Chinois, ils font théorique : on apprend avant de se lancer. Ils ont fait comme ça pour la tomate, la carotte, l’asperge, la pomme de terre, tous légumes pour lesquels ils sont devenus le premier producteur au monde. En plus, ils ont raison : un peu plus de 10 millions de kilomètres carrés, toutes les zones climatiques possibles, du désert aux terres tropicales,toutes les géologies possibles, ils ont le choix. Donc, on fait de la génétique et ensuite on appliquera les résultats à la variété des sols et des climats. Là, on n’est plus dans le fonctionnement « petits vignerons ». C’est du lourd qui s’annonce.

Pour rester dans le domaine chinois, les minets devraient réfléchir au concept de Front Uni. S’allier avec l’adversaire secondaire pour lutter contre l’adversaire principal. Il me paraît évident que Tariquet, c’est l’adversaire secondaire, celui avec lequel il faut s’allier pour défendre le vin français. Je suis sûr que Mao serait d’accord avec moi. Et que la dimension nationaliste lui plairait bien.

On peut toujours se moquer des Chinois riches qui achètent des domaines français. Du moins, permettent-ils à une profession de survivre sur son territoire. Et je suis bien sûr qu’ils sauront faire quand arriveront les containers de rouge « Pluie opportune du Shandong » avec des arômes de lichi et de belles étiquettes calligraphiées (Pluie opportune du Shandong, c’est un clin d’œil pour orientalistes). Parce qu’il faudra bien qu’ils trouvent une stratégie de défense pour préserver leur investissement. Peut-être bien qu’ils rachèteront Tariquet, va savoir…

Tout ceci pour dire que le snobisme mondialisateur, la trouille d’être pris pour un « franchouillard » ou un beauf, c’est un putain de vrai risque… Quand le premier MacDo a ouvert (à Créteil dans les années 1970) les snobions venaient de Paris pour manger comme à Nouille-Yorque. Ils creusaient la voie pour que le sandwich à la viande devienne un emblème du modernisme. Aujourd’hui, les mêmes (ou leurs enfants) crachent sur les fast-foods et ne parlent que de bistronomie. Bouffer des fleurs d’hibiscus plutôt que de la daube pour pas avoir l’air franchouillard. Ou beauf.

De la même manière, ils ont bu du Sonoma en affirmant que ça valait le Saint-Joseph, ils croient faire pros en parlant de cépages, alors qu’ils font comme le premier red-neck du Kentucky qui demande « a glass of Merlot ».

Hé les mecs ! voilà trente ans que vous vous trompez. L’avenir, c’est comme le soleil. C’est à l’Est que ça se lève. Vous préférez le Napa au Tariquet ? He bé ! vous aurez du Shandong… Vous préférez le bagel à la blanquette ? Vous aurez des nems.

Mais vous inquiétez pas. Y’aura des ponts. Par exemple les nems aux gras-doubles de ma copine Pascale Begards qui est femme de goût : elle n’a jamais fait de hamburgers aux gras-doubles.

On en reparlera…

mardi 29 juillet 2014

LA CORRUPTION

C’est une gangrène. En nos temps d’argent-roi, elle est partout. Parfois, je me souviens de ce vieux dirigeant d’une importante société parisienne avec qui je parlais de revenus et je m’étonnais de la modicité de son salaire. Il m’avait dit : « J’ai plus de soixante-dix ans, mais je ne fais toujours que deux repas par jour. Et tout ce que je peux accumuler ne rentrera pas dans mon cercueil ». Il avait casé ses enfants, plutôt bien, il avait donc assuré leur avenir.. Tranquille et modeste.

Et donc, depuis son accession au pouvoir, le Président Xi Jinping a lancé une campagne anti-corruption. C’est que le corruption est une plaie historique en Chine, depuis des siècles. On en a déjà parlé ici.

Durant le dernier trimestre 2013, il a collé en prison près de 40 000 fonctionnaires. Pas des très gros. Des fonctionnaires locaux, le plus souvent. Ceci dit, les fonctionnaires locaux, c’est eux qui emmerdent le plus le peuple parce que c’est à eux que le peuple à affaire, c’est à eux qu’il faut glisser l’enveloppe. Moi, ça me plaisait bien. Un certain sens de la morale, un côté Robespierre. C’est ça qu’on demande d’abord à des dirigeants : l’honnêteté.

A priori, il vient de passer la vitesse supérieure . Là, c’est Zhou Yongkang qui vient de tomber. Membre du comité permanent du Bureau politique (ils sont 7, pas un de plus) et chef des services de la sécurité intérieure. Pour faire bref, le patron de toute la police chinoise. On est pas dans le fonctionnaire de village, tu peux me croire.

Moi, brave plouc, j’attendais que la presse salue le nettoyage. T’as qu’à croire. La presse française, elle supporte pas la Chine. On en a déjà parlé ici.

Et donc, ce n’est plus Xi Jinping s’attaquant à la corruption, ça devient Xi Jinping s’attaquant à ses ennemis politiques. C’est vrai ça : le lecteur pourrait penser que le Président chinois a un sens moral. Détrompons-le.

Soyons clairs. A ce niveau, tous ces mecs se côtoient depuis des années. Forcément des clans se sont formés, chacun a ses copains, ceux qu’il aime bien, et ses adversaires, ceux qu’il aime moins. Les différences ne sont pas politiques. Tous ces bonshommes travaillent ensemble, dans le même sens. S’il y a des différences, elles sont tout, sauf politiques. Elles sont humaines. Zhou, il était copain avec Bo Xilai, un autre corrompu, en prison depuis quelques mois. Pour faire simple, ils en croquaient ensemble. Et donc, Xi Jinping en tire les conséquences.

L’attitude de la presse française est immonde. Reporters Sans Frontières (oui, la secte de Robert Hénard, le mec qui fricote avec le FN en donnant des leçons de morale) diffuse une photo du Président chinois faisant un bras d’honneur. Ils sont gonflés les mecs ! En 2008, ils soutenaient les Tibétains qui selon eux, étaient un peu brimés. Par qui ? Par Zhou. Normalement, ça devrait leur faire plaisir que Zhou file en prison. Ben non. Ils le défendent ! Tu peux imaginer ?

Les psys appellent ça la « double contrainte ». Quoi que tu fasses tu fais mal. C’est incohérent, mais c’est comme ça.

Mes copains, ils m’engueulent. Ils me reprochent de toujours prendre le parti des Chinois. Du moins, je ne suis pas incohérent. Et puis, j’ai des arguments.
Des arguments simples, à mon niveau.

J’ai un copain chauffeur de bus. Il me montre une photo qui me sidère : il est en train de rigoler avec Peng Liyuan. Y’a de quoi s’étonner, non ? Peng Liyuan, c’est une chanteuse chinoise, plutôt populaire. C’est aussi la femme de Xi Jinping. Mon copain chauffeur de bus, il rigole avec la Première Dame de Chine. Et donc j’interroge. Et donc, il raconte.

L’an passé, Peng Liyuan a donné une série de concerts en Europe. Pour ce faire, elle a fait comme tous les chanteurs, elle a collé ses musiciens et ses techniciens dans un bus pour aller de ville en ville. Et elle est restée avec eux, dans le bus, à discuter, à déconner. C’est comme ça qu’elle est devenue copine avec le chauffeur de bus.

Mon copain, il se marre. Son bus était suivi en permanence par les gros bras des Services secrets. Quand il arrivait à destination, les gardes du corps envahissaient le véhicule. Ils pétaient de trouille. Pas Peng Liyuan. Elle avait juste envie d’être une artiste ordinaire dans une tournée ordinaire. On est loin de Carla.

Alors, je vais te dire. On est ce qu’on épouse. Ça fait près de trente ans que Xi Jinping vit avec une nana qui est copine d’un chauffeur de bus. Et, par voie de conséquence, je l’imagine comme elle. Des gens qui savent ce qu’ils doivent aux citoyens, leur succès, leur carrière, et qui ont envie de renvoyer l’ascenseur. D’améliorer la vie du peuple comme le peuple a amélioré leur vie

Peut être que je suis un gros naïf. Pas plus naïf en tous cas que ceux qui ont suivi Reporters Sans Frontières. Pas plus naïf que ceux qui lisent aujourd’hui dans Le Monde pis que prendre d’Alain Minc que Le Monde encensait quand il en était le patron.

Peut être que je suis un gros naïf. Et peut être que Xi Jinping est aussi un gros naïf, un mec qui voudrait que le pouvoir qu’il a conquis l’aide à construire un monde dont il rêvait à 18 ans.

Jusqu’à ce que les faits me prouvent le contraire, je le créditerai de ça.

En tous cas, je suis sûr d’une chose : Cahuzac est libre. Comparons ce qui est comparable avant de donner des leçons de morale.

On en reparlera…

vendredi 25 juillet 2014

L’ANCIEN REGIME

On y est. En plein dedans. Pas pour des raisons économiques liées à l’oligarchie et à toutes ces sortes de choses.

Non. C’est beaucoup plus simple et personne ne veut voir, tout simplement parce que c’est le fonds de commerce et de pensée de la plupart de ceux qui prennent la parole.

On a glosé sur les raisons de la Révolution, sur l’état économique du pays, sur le rôle des classes sociales, que sais je encore ? Or, sur le moment, rien de tout ça ne saute aux yeux. Dans les discours des représentants du Peuple, il y a une constante : les Français en ont marre du pouvoir d’une minorité. Les nobles, ils sont les moins nombreux et ils décident.

Et donc, ils mettent au point une règle démocratique simple : la majorité vote les lois, la minorité subit. Il y a quelques dérapages : la minorité vendéenne, elle a pas très envie de subir. Il faut donc lui expliquer, sans douceur excessive, que, désormais, il y a une Nation et que les particularismes régionaux, on ne peut pas toujours en tenir compte, surtout s’ils touchent aux grands principes.

Parce que le principe, il est intangible. Pour le dire crûment : la minorité, on s’en tamponne. C'est une peu quantitatif, mais ça semble plus juste.

Sauf qu'on nous a sorti un truc imparable : la discrimination. Ils hurlent tous qu'ils n'ont pas les droits des autres. Bien entendu, c'est faux. La Loi est la même pour tous. Tout majeur peut adopter, selon des conditions fixées par la loi et ces conditions sont les mêmes pour tous. Si n'importe quel citoyen ne remplit pas les conditions, il n'adopte pas. Si ça te vas pas, tu demandes un changement de loi. Si la majorité t'envoie paître, tu t'écrases. C'est la règle démocratique. Moi, j'acceptes et pourtant, sur plein de points, je suis vachement minoritaire.

J’en ai déjà parlé ici. Mais le mouvement s’amplifie, s’accélère. Il n’y a plus de Nation, juste des groupuscules qui hurlent « et moi, et moi, et moi ». La caisse de résonance des réseaux sociaux n’est pas innocente. On vous dit que c’est la vraie démocratie, la parole enfin libérée. C’est surtout une impitoyable cacophonie dont plus rien de cohérent ne sort. Babel et de retour. Du coup, les libérés de la parole, ils se passent d’aller voter. Ils s’expriment mieux sur Facebook que dans l’isoloir. Forcément, ça change rien à leur statut de minorité. Déjà que t’es pas nombreux, si en plus tu votes pas…

C’est qu’ils ne comprennent plus rien. Pourquoi on écoute ce groupe et pas le mien ? Ha mais ! ça va pas se passer comme ça. Nous, les métis androgynes du bas-Berry, on existe, on doit nous satisfaire. Même qu’on a une association loi de 1901. Vous allez voir ce que vous allez voir.

On voit. On voit les communautés minoritaires se taper sur la gueule devant un gouvernement qui ne sait plus quoi faire. Parce qu’il faut arrêter : les juifs et les musulmans sont des minorités auxquelles il est temps de rappeler que la politique est interdite dans les lieux de culte depuis 1905. Et que si l’imam ou le rabbin tolère, on ferme. La République est majoritairement laïque. L’imam ou le rabbin, ou le curé, ou le pasteur, il est là pour causer de Dieu. Idem pour le Pape. La situation en Syrie, c’est pas son affaire. Il fait ce qu’il sait faire, des prières, mais son opinion, on s’en passe fort bien.

J’en ai marre. Les minorités doivent réapprendre à vivre en groupe, dans une Nation, à sortir des tribus et des particularismes. A s’intégrer. A apporter leur pierre à l’édifice commun, pas à secouer la maison chaque fois qu’elles ont un pet de travers.

Elles l’ont fait pendant des décennies. On a intégré les immigrés de toute l’Europe. Plus ou moins vite. Plus ou moins bien. Et là, ce serait plus possible ?

Ben non. elles veulent plus appartenir à la nation française. Moyennant quoi, les loulous de banlieue, ils vont faire le djihad en Syrie et on apprend qu’il existe des soldats franco-israéliens. Mais l’armée de la Nation, de LEUR Nation, ils n’en ont rien à cirer. Ho ! si c’est le fusil d’assaut qui vous branche, l’infanterie de marine recrute. Jusqu’il y a peu, le service militaire valait choix de la nationalité. L’engagement dans la Légion Etrangère donne encore la nationalité française.

J’ai l’air de me focaliser sur le Proche-Orient. Faut dire qu’en ce moment, difficile de fermer les yeux. Mais c’est valable pour les LGBT. J’ai interrogé mes copains homos et, croyez moi, j’en ai une grosse brouette. Majoritairement (y’a une ou deux exceptions), l’adoption, la PMA, la GPA, ils s’en foutent comme de leur première capote. Ils vivent leur homosexualité tranquillous et ils s’occupent de leurs neveux et nièces. Ils savent bien qu’ils sont minoritaires. Sexuellement. Pas politiquement (enfin, sauf ceux qui ont voté Sarko, si, si, y’en a). Etre homo, c’est pas pire qu’être rouquin.

Parce que les rouquins, aussi, ils sont minoritaires

Pour l’instant, ils restent calmes.

On en reparlera….