dimanche 28 août 2016

LILIANE ET LES NICHONS

Il y a quarante ans, Le Gendarme de Saint Tropez faisait un carton en narrant la chasse aux seins nus par les gendarmes. Aujourd’hui, les mêmes gendarmes s’obsèdent sur les seins couverts. Deux bornes temporelles comme marqueurs d’un changement social qui demande analyse.

Les seins nus étaient alors la première étape de la libération de la femme du pouvoir « phallocrate » (terme inventé par les lumpenlacaniennes de Psy et Po pour définir le pouvoir bénéficiant aux hommes) On trouvait dans l’aile marchante de ces combattantes, beaucoup d’intellectuelles comme Hélène Cixous ou Luce Irigoyen, quelques pseudo-intellectuelles groupées autour d’Antoinette Fouque, les passionarias de Psy et Po déjà nommées et l’habituelle piétaille des sous-bibliothécaires désséchées, des enseignantes racornies et des libraires sous-vitaminées auxquelles souvent le saphisme tenait lieu d’analyse politique.

Ce discours était un copié-collé de l’analyse marxiste où le godemichet remplaçait Das Kapital et acquit bien vite le statut de discours dominant car il ne vint à l’idée de personne que le capitalisme n’avait pas de sexe comme le prouvait déjà le statut de Madame Bettencourt. Dès lors, la cause des femmes remplaça la cause des peuples et la libération de la femme tenait lieu de lutte des classes.

En quarante ans, de lois en décrets, la société s’est féminisée, parifiée, les seins nus ne sont plus un combat valide et les anciennes actrices du porno ont désormais le statut d’intervenantes culturelles, personne n’imaginant que s’appeler Lahaie est un simple appel à se faire sauter. Et on s’excite sur le burkini.

Les sociétés ont une obligation de résultats. La « phallocratie » avait bâtie l’industrie française, mis sur pied un système scolaire performant, conquis un immense empire colonial et assuré un réel développement économique du pays. Le bilan de 40 ans d’anti-phallocratie, ce n’est pas que  le burkini, c’est surtout 10% de chômeurs, des enfants illettrés à l’entrée en sixième, des médias stupides et une société plongée dans le gnangnan de la télé-réalité. Comme souvent, on s’est trompé d’adversaires et on protège Liliane Bettencourt, femme plus que capitaliste ou Elizabeth Badinter, femme plutôt qu’adversaire politique. Bref, nous avons plongé dans la vaginocratie.

Bien entendu, le capitalisme s’est marré. La féminisation offrait de nouveaux marchés ou élargissait les marchés existants tandis que l’essentiel n’était pas mis en cause. Les femmes acceptaient les salaires indécents dont elles avaient besoin et les conditions de travail qu’elles n’étaient pas en mesure de refuser. Déjà, dans Germinal, les femmes rejetaient la grève….

Le burkini est dans la droite ligne : on parle plus des femmes que de l’islam. Elles sont mal les femmes musulmanes, vu qu’il est interdit de « stigmatiser » leurs mecs. Le féminisme baisse le voile, ce n’est plus qu’un moyen de cession et non un moyen de pression, une manière d’évacuer la guerre. Dans le droit fil d’une partie de la pensée féministe qui voit les femmes du côté de la vie qu’elles donnent. Peut être, mais dans l’éternelle lutte, c’est toujours la mort qui gagne. Choisis ton camp, camarade.

Ceci est juste une graine de réflexion. Il est des moments où un bilan est utile. Qui le fera ?

En attendant, vous pouvez lire Chloé Delaume dont le dernier livre Les Sorcières de la République montre la prise d pouvoir des femmes et les catastrophes qui s’ensuivent. Du moins si j’ai bien compris, vu que l’écriture en est féminine et expérimentale et donc inaccessible à un vieux phallocrate comme moi.

On en reparlera…


samedi 30 juillet 2016

TRADITION ET MARKETING

Je ne vais plus aux Fêtes de Bayonne. Trop vieux me dit ma nièce.

Non. Ce qui me rend littéralement fou, c’est la mésutilisation d’un discours auquel j’adhère et qui n’est qu’un discours. De le bouillie de mots, gerbée par les bouches et les plumes ; entre deux vomissures de vin ou d’encre. Surtout chez les journalistes et les politiques, repris par la vox populi qui ne sait rien faire d’autre. Discours axé sur la tradition, le territoire, la singularité locale. Que des mots à la con utilisés par des commentateurs à la con.

Parlons en de la tradition. Tiens, en musique, par exemple. Jadis, qui se promenait aux Fêtes de Bayonne, entendait des chansons basques et gasconnes, régénérées par quelques créations, de Luis Mariano aux Pottoroak. Je croisais, Michou, Henri et Tonton venant chanter « c’est à Baba », dans tous les bistros qui leur offraient à boire. Fantou et son orphéon (les piteux stylistes disent banda pour faire couleur locale) intercalait Nino Rota dans les paso-dobles et c’est vrai que la musique de La Strada est une musique de rue. Passons sous silence les innombrables chorales, les gaitas de Tintin et les gitans venus de Glain avec leurs guitares parfois fêlées. La fête naissait de ces improbables mélanges désormais remplacés par l’omniprésente techno et les émules anorexiques de David Guetta. Avec en prime des karaokes où l’on convoque Louane, Girac et Beyoncé. Jeter sur tout ça le manteau de la tradition me paraît pour le moins osé. Les Fêtes de Bayonne se mondialisent, restant des fêtes, mais sans Bayonne.

Bien entendu, il en va de même pour un autre de nos pôles culturels : la bouffe. Non, je ne dirais pas « gastronomie ». Ce serait donner du poids aux frites grasses et aux sandwiches piteux vendus à des prix scandaleux. Disparus les sandwichs à l’omelette ou à la ventrèche, disparues les assiettes de chipirons et les amoncellements de jambon. On va vers le pire : la nourriture étriquée et banalisée.

On habille les vêtements des oripeaux de la tradition. Jadis, les fêtes étaient l’occasion de se vêtir de la chamarra bleue, disparue au profit des insignes des requetes. Les Bayonnais ont remplacé le vêtement de travail du peuple par le rouge et blanc des troupes du général Mola, instigateur de la révolte de la Navarre contre le Front populaire. Je suis dans l’obligation d’admettre que c’est plus joli, mais c’est également lourd de sens et, en aucune façon, « traditionnel ».

Les fêtes de Bayonne sont récentes puisqu’elles ont été créées dans les années 1930. Elles venaient se surajouter aux véritables fêtes traditionnelles, des fêtes patronales qui honoraient au début de Mars, Saint Léon, patron de la ville. La pseudo-tradition a remplacé les processions en l’honneur du saint, par des mômeries autour d’une caricature.

Entendons nous bien : peut être que c‘est mieux. Ou pas. Mais vouloir faire croire aux gogos venus du Vésinet ou de Pont-à-Mousson qu’ils participent à une vieille tradition, c’est de l’escroquerie. Ou du marketing, ce qui est la même chose. Ils ne le peuvent tout simplement pas : ils ne mangent pas comme nous, ne boivent pas comme nous, ne chantent pas comme nous. Ils sont étrangers à nous et leur seul intérêt est la manne financière qu’ils font pleuvoir sur la ville. Surtout sur les bistros. Le fric qui pleut sur mes copains pendant les Fêtes, les aidera à conserver les prix sages dont je me régalerai quand les gogos seront repartis.

Et donc, je ne vais plus aux Fêtes. Parce que ce ne sont plus mes fêtes. En les ouvrant aux amateurs de Guetta et de Louane, on m’en a dépossédé. Etre victime d’un vol à l’arraché, ce n’est pas drôle, mais y retourner, c’est du masochisme.

Surtout que ma chère ville est d’abord janséniste, secte qui n’a jamais supporté le mensonge ou l’approximation. C’est juste une question de dignité. Et oui, j’ai connu des Fêtes de Bayonne dignes.

Mais ça, c’était avant….

lundi 27 juin 2016

PROTECTION

Bien, voici les Anglais qui nous quittent. D’aucuns affirment qu’ils n’ont jamais vraiment été là.

Les discussions s’enflent. Pourquoi ? Pour qui ? Quelles conséquences ?

Cherchez pas les mecs.. Des Anglais du Brexit aux manifs de la CGT, c’est la même route. La route de ceux qui veulent remettre la Nation au centre du jeu politique. Bon, sortez l’étiqueteuse. Ringards, fachos (ou assimilés), frileux, conservateurs, vous avez le choix des épithètes. Vous le choisirez bien conforme à votre idéologie personnelle.

Moi, j’écoute et je n’entends qu’un mot : « Protection ».

Le choeur des peuples n’en sort pas. Face aux flux de toutes sortes, aux envahissements programmés, face aux changements souvent brutaux, les citoyens n’ont qu’une question : qui va nous protéger ? Question que les politiques, protégés de tout, sont incapables d’entendre, et, a fortiori, de comprendre.

Ce qui me fait revenir à Esteban de Zilueta qui apostropha Louis XV : « Dans un royaume bien tenu, le fort protège le faible ». Le fort, le plus fort, c’est l’Etat aujourd’hui et c’est vers lui qu’on se tourne. Mais l’Etat est aux abonnés absents et ne répond plus. En tous cas, il ne répond plus dans la langue que peuvent comprendre les citoyens, laissant le champ libre à ceux qui savent. Pis encore, il laisse entendre qu’il est là pour protéger les forts.

Le citoyen est peut-être bête (il ne parle pas la langue de ses maîtres) mais il n’est pas idiot, d’autant que l’expérience lui sert de guide. Il sait, pour l’avoir vécu, qu’un accord d’entreprise est plus menaçant qu’un accord de branche au nom de cette antique vérité que la force d’une chaîne dépend de son maillon le plus faible. Et que, en général, les syndicats d’entreprise sont moins virulents que les autres. Dans le bloc syndical, le maillon faible, c’est « l’autonome », qui l’est pourtant si peu. Alors, le citoyen renâcle car il sait (le plus souvent confusément, je devrais dire « il sent ») que la protection diminue.

Longtemps, il a cru que ce que l’on était convenu d’appeler « la gauche » allait renforcer cette protection. Les vieilles lunes ont la vie dure mais nous voici au pied du mur. Pour d’obscures raisons, ce qu’il reste de la gauche s’est mis entre les mains du divin marché comme n’importe quel trader de seconde zone, et le marché n’aime les pauvres que comme consommateurs. Consommateurs passifs.

Et voici que le peuple, bras faiblement armé de la démocratie, se met alors à regarder ailleurs, vers des horizons improbables ne figurant sur aucun portulan de conduite des Etats. Le peuple cherche des voies nouvelles pour se protéger puisque les remparts tombent les uns derrière les autres. Le peuple est un enfant : plus on va lui dire que c’est pas bien, que c’est pas la bonne direction, plus il va s’entêter. On n’a pas fini d’entendre pleurer sur la démocratie.. Surtout ceux qui contribuent à l’assassiner.

On en reparlera certainement

mardi 19 avril 2016

MULTICULTUREL

Ça, c’est le truc à la mode. Faut être multiculturel. Ça me va. A 17 ans, j’ai quitté ma province biculturelle pour entrer aux Langues O’, histoire de mieux comprendre les cultures des autres. Après quoi, j’ai passé quarante ans de ma vie à écrire, éditer et vendre des livres qui traitaient des autres cultures. Je me sens pas trop multiculturel pour autant. La seule culture que je maîtrise à peu près, c’est la mienne, la culture française des temps modernes. Les temps anciens, je m’efforce, mais on n’a qu’une vie. Les autres, j’ai des notions. Tiens, le taoïsme : j’ai juste passé un an dessus, avec Madame Vandier-Nicolas. Ça te donne un vernis, mais guère plus.

Forcément, j’ai un peu voyagé. J’étais (je suis toujours) un compagnon de voyage chiant. J’admire peu, j’aime peu. Je commence toujours par faire la biblio avant d’acheter le billet. Et sur place, je dissèque. Et je me méfie des spécialistes au moins autant que des autodidactes nuls.

Tout ça pour dire que les tenants du multiculturalisme qui tirent leur savoir d’une lecture rapide de Lonely Planet, me font doucement rigoler. Leur vision du multiculturalisme, c’est une accumulation de poncifs enrobée dans les bons sentiments. Juste un exemple : voulant aborder la civilisation islamique, j’ai commencé par aller voir le premier spécialiste vivant du Coran pour qu’il me conseille une traduction fiable vu que les choses évoluent et que j’en étais resté au bon vieux Blachère. Chaque fois qu’un mec me fait chier avec le Coran, je lui demande ses sources.. Vous pouvez me croire, la traduction de Madame Masson est rarement en première position.

Si j’ai fait ça, c’est parce que je m’étais aperçu que le multiculturalisme est un immense pipeau. En novlangue, ça désigne uniquement la teinture qu’ont de l’Islam les intellos bobos. En fait, une manière d’intégrer l’islam à la culture française. Un biculturalisme. Les plus accros y ajoutent une teinture africaine, toujours tirée des populations qui nous fréquentent, nos anciens colonisés, Africains de l’Ouest et souvent musulmans, ce qui a l’avantage de renforcer la position des multiculturalistes. Les autres peuples, les Africains pas musulmans, tout le monde s’en fout.

Le multiculturalisme, c'est une manière de nous faire avaler un brouet dont nous ne voulons pas. Une sorte de pâtée bien pensante pour nous obliger à respecter des gens pas respectables. Comment ? Tu respectes pas l'islam ? Non. En général, je ne respecte pas les religions, elles dévalorisent l'homme. Et donc on commence par me coller l'islam dans la pâtée culturelle et on refile la boulette dans le multiculturalisme

La culture musulmane est passionnante. Le problème, c’est que la grande majorité des Musulmans est d’une inculture crasse ce qui ne facilite pas l’échange. Que, depuis des siècles, des centaines de penseurs, souvent de haut niveau, aient disséqué leur religion pour mieux la comprendre, ils s’en foutent. Tu me diras, les chrétiens ne savent pas non plus ce qu’est un nestorien. C’est la limite du multiculturalisme : des centaines de gens incultes se balancent des arguments à la con sur des sujets dont ils ne savent rien et dont ils ne veulent rien savoir.

Le bistro a gagné. Le babillage a gagné. Une seule parole redondante, balbutiante, répétitive, vide de tout sens.

On peut toujours partager le vide. Et le multiculturalisme est vide. C'est juste un mot pour virer le cochon des cantines.

On en reparlera.

lundi 18 avril 2016

TIRER SUR L’AMBULANCE


Putain que c’est bon !! Je repense à une planche de Reiser où un boxeur en prenait plein la gueule et qui s’achevait par un quasi-orgasme de Gros Dégueulasse. Que c’est bon !!

C’est un « critique gastro ». Il perd peu à peu tous ses appuis. Et vous savez ce que c’est ? Moins t’es soutenu, plus t’es faible. Quand le mec était au top, tu pouvais rien dire. A l’époque, je bossais dans la collecte d’adresses. J’étais vérifié. « Comment, tu n’as pas vérifié ses adresses ? ». Si, mais elles me plaisent pas. Même si tu bossais pas avec lui, t’avais intérêt à pas le contrarier. Ton rédac’ chef y veillait.

Bien. Un jour,je reçois un coup de biniou d’une copine de l’OT de Soule. IL venait. IL voulait découvrir le patrimoine gastronomique et authentique de la plus belle province du Pays basque (ça, c’est pas lui, c’est moi, la Soule est une merveille). Et la copine m’appelait parce que je devais l‘aider, moi qui avait l’habitude des journalistes de la capitale.

Et donc, je lui ai conseillé de l’emmener chez Battitou Etchebarne. Au pied d’Ahusky, l’auberge de Battitou était la Mecque des gras doubles à la basquaise dont Battitou était l’ayatollah respecté et reconnu. Je l’avais interviewé et il m’avait expliqué, avec sa faconde, que les gras doubles à la basquaise étaient supérieurs aux tripes normandes par la longueur de leur préparation ou par le nombre d’aromates mobilisés. Il était intarissable et j’ai oublié l’essentiel.

J’avais un produit authentique, un vrai spécialiste, un discours cohérent : pour moi c‘était gagné.

Sauf que j’étais encore trop jeune. Quand le chantre de l’authentique est arrivé chez Battitou, le cuisinier revenait de l’abattoir et s’était mis en devoir de nettoyer les tripes. Et donc le gastronome de la France profonde a eu l’obligation de pénétrer avec ses pompes bien cirées dans une salle qui sentait … la merde !!! Et ce fut le scandale. Il devait attendre plus de décorum, une invitation autre. L’OT de Soule s’en souvient encore. Moi aussi car l’engueulade descendit en cascade et j’en eus ma part.

Première leçon : l’authentique ne l’est que s’il ne l’est pas. Tout ce qui fait la cuisine traditionnelle authentique, le sang, le gras, la merde, doit être occulté.

Deuxième leçon : une adresse n’est bonne que si elle génère du chiffre. Un plouc dans la montagne n’a aucun intérêt.

C’était jadis. Battitou a presque fermé. L’auberge est ouverte deux jours par semaine. Et j’ai cru exploser le jour où j’ai vu dans un restaurant basque près du métro Dupleix : le mardi gras-double de Battitou. Il doit continuer à nettoyer ses tripes pour le bonheur de tous. L’opinion d’un gandin parisien, un GP, il s‘en fout.

Tout le monde s’en fout, en fait. A part un mini-microcosme composé de son éditeur, de son imprimeur et de sa secrétaire. L’écume des mots semble s’évanouir. Sauf qu’un ou une autre viendra reprendre le discours du pseudo authentique, viendra expliquer ce qu’il ne sait pas à ceux qui en savent encore moins mais qui sont si nombreux (les ignorants sont majoritaires) qu’ils forment un marché.

CP disparaît mais le ventre est fécond. Je vous rassure : il sera remplacé.

Battitou, ce sera plus difficile.

samedi 16 avril 2016

POLICE ET DROITS DE L’HOMME


Revenons aux textes. Déclaration des Droits de l’Homme, article 7 :

Tout citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant. Il se rend coupable par la résistance.

Voilà qui est clair. Pas la peine de sodomiser les diptères : si un policier t’interpelle et que tu te dérobes, tu es coupable.

Il faudrait le rappeler plus souvent. Par exemple aux parents du môme tabassé par les policiers auxquels il venait de lancer des projectiles : par son attitude de refus de la loi, il devenait coupable. On pourrait le rappeler aussi à tous ceux qui se barrent quand ils sont interpellés, même dans un transformateur. On appelle ça un « délit de fuite » et celui qui commet un délit est un délinquant. Si l’interpellation n’est pas conforme aux droits de l’homme, c’est autre chose, la justice s'en chargera. Et on ne peut pas mélanger les deux ou exciper de l’un pour excuser l’autre. On ferait un mélange fort peu juridique.

Y'en a plein, ils s'imaginent que les confrontations, c'est comme à la télé. Ho ! pépére. En face de toi, t'as un mec équipé, protégé, entraîné. Si tu lui mets un coup, y'a juste une chose dont tu peux être sûr : le gnon qu'il va te retourner, ça sera un gnon de première classe. Si t'en veux pas, tape pas le premier. Ou alors, assume. Prends tes responsabilités.

Moi, j’aimerais simplement que ceux qui s’abritent sans cesse derrière les droits de l’homme (y compris en inventant des droits si ça leur parait utile) reviennent au texte et admettent que la révolte devant la Loi est un délit, parce que défendre un délinquant, c’est le boulot des avocats pas des simples citoyens (sauf au bistro, mais c’est autre chose).

Pas la peine d’aller vérifier le texte et de m’emmerder avec le texte de 48 par rapport au texte de 89. Le texte de 48 n’a aucune valeur juridique vu que c’est le texte de 89 qui forme le préambule de la Constitution française, notre loi fondamentale. Si ça te convient pas, tu peux choisir un député qui changera les choses. Mais si t’aimes les droits de l’homme, faudra faire avec.

Mais les flics n’ont pas tous les droits !!! NON. Mais ils ont tous les droits que tu leur a délégués. En votant. Ils ont tous les droits que tu leur confirmes chaque fois que tu vas pleurer au commissariat parce qu'on t'a piqué ta bagnole ou qu'on a vandalisé ton jardin. N’oublie pas cette vérité : personne, même pas toi, et surtout pas toi, ne peut vénérer une chose et son contraire.

Et les droits de l’homme, c’est pas saucissonnable. Si t’es pour, tu admets l’article 7. Sinon, t’es contre.

Et moi, ce que je crois, c’est que t’es contre.

On en reparlera

vendredi 15 avril 2016

LA MARQUE ET LE TERRITOIRE – AU VOLEUR !!!

Le hic dans le fonctionnement d’Atout-France, c’est l’appropriation des territoires par le biais du nom. Le Ministère des Affaires Etrangères a créé 20 « marques-territoires ». Passons sur le fait que ces « marques » ne sont pas définies : à qui appartiennent-elles ? Tous les spécialistes s’accordent à dire que leur utilisation doit être collective. Sur les aspects juridiques, c’est le flou absolu.

Dans la mesure où il s’agit de promouvoir le territoire, la marque-territoire est une marque commerciale. D’où les premières questions : qui va la déposer ? à qui va t’elle appartenir ? qui va en contrôler l’utilisation ?

La marque choisie est Biarritz-Pays basque. Est elle indissociable ou pas ? Si Mauléon veut faire des affiches avec Mauléon-Pays basque, est ce que Biarritz contrôlera la marque et pourra l’interdire ? Ce point est fondamental et pas seulement pour le tourisme. Il est hors de question que Biarritz contrôle l’utilisation du syntagme Pays basque. En caricaturant, on pourrait imaginer que l’EPCI Pays basque devienne l’EPCI-Biarritz Pays basque !! Il faut que ce point soit formellement éclairci et que la municipalité de Biarritz renonce à tout contrôle sur le second syntagme de la marque, même en cas de désaccord.

Imaginons. L’Aviron Bayonnais remonte en Top 14 et s’y défend valeureusement. Un sponsor s’engage à condition que l’équipe devienne Aviron bayonnais-Pays basque. Peut on l’interdire ? Je pose la question parce que la marque pourrait être un moyen détourné de revenir à une fusion que tout Bayonnais sérieux refuse. Je crois même que cette marque sera utilisée à de telles fins.

Bien entendu les brandeurs officiels vont expliquer que ce sont de fausses questions (un brandeur – avec un D pas un L – est un spécialiste de l’utilisation des marques) et qu’on s’arrangera toujours en jouant collectif. Sauf que jouer collectif quand un joueur a l’atout dans sa manche, ça ne marche pas.

Les oppositions sur les marques à l’INPI sont essentiellement basées sur le « parasitisme » du déposant, i.e. sa volonté d’instaurer la confusion dans l’esprit du public. Parasitisme. On ne saurait mieux dire.

Comme le coucou, Biarritz a déposé ses œufs dans le nid du Pays basque. Désormais, c’est à tout le territoire de se mettre à la disposition du parasite. Les vases communicants sont prêts pour que Biarritz siphonne à son gré la culture basque en fonction de sa politique et de ses besoins. C’est ça qui nous pend au nez. Un vol en bande organisée. Depuis 1994 (c’est la date donnée par Sud-Ouest), la mairie de Biarritz vérifie les horaires de la diligence. L’heure est venue du grand dépouillement. On t’a reconnu Veunac, enlève ton bandana.

Depuis deux/trois jours, des responsables me posent la question : qu’est ce qu’on peut faire ? J’ai envie de leur dire : c’est un peu tard. Mais ce serait faux. L’heure est au sursaut et à la bagarre. Qui passe par des démissions, des coups de gueule et plus si affinités. Je ne ris pas : quand on se fait dépouiller, il faut réagir. S’allier avec le diable ou cogner tout seul. Je verrais bien Bayonne déposer à l’INPI la marque Bayonne-Pays basque, histoire de filer un coup dans la fourmilière. De les obliger à sortir du bois. Tiens, je pense à la gueule de MAM si Saint-Jean-de-Luz se trouve interdit de marque basque !! Avec Chantaco inclut dans une offre golf Biarritz-Pays basque !!! Ça, elle y aura droit, la blonde.

Le moment est parfaitement choisi. Tous les élus basques sont penchés sur le berceau de l’EPCI. On peut donc leur faire les poches sans douleur, personne ne réagira. Quand ils se congratuleront d’avoir un EPCI Pays basque, ils auront perdu le Pays basque. Du grand art !!!

A mes amis responsables politiques, je n’ai qu’une chose à dire : quand on ne bouge pas, c’est qu’on est d’accord. Vous allez entendre tous les lénifiants propos qu’on prodigue dans ces cas. Ne vous inquiétez pas. Ça se passera bien. Pensez à Voltaire qui disait du pal que c’était un supplice qui commençait fort bien et finissait fort mal. Ça se passe toujours bien au début. Quand ça fait mal, c’est trop tard.

Et vous ne pourrez pas dire que vous ne le saviez pas.